Le confinement des résidences pour aînés cause des frustrations chez des proches inquiets du sort de leur parent, alors que d’autres acceptent la décision avec résignation.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Québec a décidé samedi qu’il valait mieux interdire toute visite dans les hôpitaux, les résidences pour aînés et les CHSLD afin de limiter la propagation de la COVID-19, quitte à priver les résidants de chaleur humaine.

Lundi, le premier ministre François Legault a toutefois affirmé que sa directive devait être appliquée avec humanité et en ménageant des exceptions pour les aidants naturels qui étaient fréquemment au chevet de leur proche avant la pandémie. Les situations de fin de vie doivent aussi être accommodées, a-t-il dit.

La veille, dimanche, une centaine de Montréalais ont manifesté devant le Centre gériatrique Maimonides, dans l’ouest de Montréal, pour protester contre la fermeture des portes de l’établissement, a indiqué en entrevue Barbra Gold, porte-parole du centre. « Ils sont normalement très présents, certains d’entre eux paient un employé de soutien, et ces derniers ne peuvent pas entrer non plus », a-t-elle expliqué, ajoutant que le ton avait monté.

CBC a rapporté que le député fédéral Anthony Housefather — dont le père réside à cet endroit — faisait partie des protestataires. « L’impact négatif de cette mesure [de confinement] est plus important que son bénéfice », a affirmé l’élu. Lundi, M. Housefather n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

« Laissez-nous entrer ! », exigeait une pancarte brandie par une manifestante, toujours selon la CBC.

« Je viens de faire le tour des unités et tout est calme, tout se passe bien », a dit Mme Gold en entrevue.

Optimisme

Mireille Francoeur est aussi très calme. La dame de 81 ans vit dans un complexe privé de Québec où les visites ont cessé dès que le premier ministre Legault en a donné l’ordre.

« On ne sort pas et personne ne rentre, a-t-elle expliqué à La Presse. D’habitude, je fais une marche tous les matins, mais là, je ne peux pas sortir. Mais j’ai mon balcon et il y a aussi une terrasse. »

« Faut arrêter d’avoir peur, tous les problèmes ont une solution », a-t-elle ajouté, optimiste.

Du côté de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées, on continue d’appuyer le gouvernement dans ses décisions, tout en soulignant qu’il ne fallait pas perdre de vue les impacts de ses décisions.

« Les gens sont seuls, a dit la porte-parole Judith Gagnon. Ils se demandent combien de temps ça va durer, parce que ce sont des mesures assez drastiques, parce que ça les confine, mais ils sont d’accord. »