(Washington) Les États-Unis ont instauré vendredi l’état d’urgence tandis que l’Organisation mondiale de la santé déclarait l’Europe nouvel « épicentre » de la pandémie de coronavirus et que de nombreux pays continuaient de se replier sur eux-mêmes en fermant leurs frontières.

Daxia ROJAS
Agence France-Presse

Différentes méthodes ont été choisies à travers la planète pour enrayer la propagation d’une épidémie qui a déjà fait plus de 5300 morts dans le monde et dont le pic est « impossible » à prévoir, a averti l’OMS.

La pandémie a contaminé plus de 141 000 personnes dans plus de 124 pays et territoires.

Dernières mesures en date samedi : l’Uruguay, après ses quatre premiers cas, ferme partiellement ses frontières et impose une quarantaine aux voyageurs de neuf pays. A Rio de Janeiro, au Brésil, les portes resteront closes pendant sept jours dans les écoles et pendant deux semaines dans les théâtres, stades et salles de concert. La Mauritanie réduit ses liaisons aériennes avec la France, le Panama suspend celles avec l’Europe, le Gabon limite les visas touristiques et les cinémas nord-américains réduisent la capacité de leurs salles.

Et la Nouvelle-Zélande a annulé l’hommage national aux victimes de l’attaque il y a un an des mosquées de Christchurch.

Aux États-Unis, avec plus de 2000 cas et au moins 47 morts, le président Donald Trump a déclaré l’état d’urgence au niveau national, permettant à l’État fédéral de débloquer jusqu’à 50 milliards de dollars.  

En Europe, nouvel « épicentre » de la maladie selon l’OMS, de nombreux pays et régions fermaient totalement ou partiellement leurs frontières aux étrangers, comme la Pologne et Chypre.

PHOTO LOÏC VENANCE, AGENCE FRANCE-PRESSE

Fermetures en cascade

Le président français Emmanuel Macron a proposé vendredi à l’Union européenne la mise en place de contrôles renforcés aux frontières autour de l’espace Schengen – 26 pays européens membres ou non de l’UE – voire de les fermer dans des zones à risques.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a rappelé que « les interdictions de voyage générales ne sont pas considérées comme très efficaces par l’OMS », plaidant plutôt pour des contrôles sanitaires.

L’Espagne et le Portugal ont décrété l’état d’alerte, ce qui permet la mobilisation de moyens exceptionnels.

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez n’a pas exclu que la barre des 10 000 cas soit franchie dans la semaine à venir.

Hors UE, l’Ukraine a aussi fermé ses frontières et le Pakistan celles avec l’Iran et l’Afghanistan.  La Russie compte diminuer dès lundi ses liaisons aériennes avec l’UE.

Après l’Italie, qui a enregistré 250 décès en 24 heures – un record – pour un total de 1266 morts, l’Autriche puis la Bulgarie et la Grèce ont annoncé aussi vendredi la fermeture des commerces non essentiels. En Grèce, seuls les supermarchés, pharmacies, dispensaires et cabinets médicaux resteront ouverts.

« A partir de lundi, nous devons réduire notre vie sociale au minimum », a déclaré le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

Comme la France la veille, la Suisse a fermé vendredi les écoles et interdit les rassemblements de plus de 100 personnes. Les élèves restent déjà chez eux en Italie, au Liechtenstein et dans la majorité des régions allemandes.

Capitale de l’Irlande où écoles, crèches, universités et institutions culturelles sont fermées, Dublin avait vendredi des airs de ville fantôme avec des rues désertes.

En France, les élections municipales de dimanche sont maintenues, à la différence du Royaume-Uni où les élections locales de mai ont été reportées d’un an et des États-Unis où la Louisiane a reporté les primaires démocrates.

Coup d’arrêt

Les secteurs du tourisme, du sport et de la culture continuent de pâtir de la pandémie : suspension des croisières vers l’étranger aux États-Unis, contrôles des paquebots au Canada, suppression de milliers d’emplois chez Air France-KLM et absence de dividende pour 2019 chez Lufthansa.

PHOTO GREG BAKER, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des travailleurs portent des combinaisons de protection à titre préventif attendent près des véhicules de police au New China International Exhibition Center, près de l'aéroport de Pékin, le 13 mars 2020.

Hauts-lieux du tourisme mondial, à Paris, le Musée du Louvre, la Tour Eiffel et le Château de Versailles sont fermés, tout comme les musées et sites archéologiques grecs.

Les championnats de football professionnel sont suspendus en Angleterre, Italie, Espagne, France et désormais Allemagne et les matchs de Coupes européennes sont reportés.

Le Tour d’Italie cycliste a été reporté, de même que le Marathon de Londres et le match du Tournoi des VI Nations de rugby Galles-Écosse.

Le Grand Prix d’Australie de Formule 1, prévu ce week-end à Melbourne, a été annulé, et le parcours de la flamme olympique en Grèce raccourci.

Un haut fonctionnaire européen a évoqué vendredi une récession « très probable » dans la zone euro en 2020. Face au risque de paralysie de leurs économies, plusieurs pays européens notamment la France et l’Allemagne ont annoncé des plans de soutien aux entreprises.

Au lendemain d’un krach historique des Bourses, la journée de vendredi a été marquée par un rebond des marchés grâce aux mesures de relance annoncées par les grandes économies mondiales.

Point de départ de l’épidémie, la Chine (3176 morts) a enregistré vendredi le plus faible nombre de nouvelles contaminations – huit – en une journée depuis mi-janvier.

Mais l’épidémie continue à progresser et des premiers cas ont été enregistrés vendredi dans l’Est de l’Afrique (Kenya, Éthiopie, Soudan).

Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau, « en bonne santé », est à l’isolement pour quatorze jours, après que son épouse a été testée positive jeudi au coronavirus.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a annoncé vendredi ne pas être porteur du coronavirus. Donald Trump a affirmé qu’il se ferait probablement tester « prochainement » bien qu’il ne présente « aucun symptôme ».