(Ottawa) En isolement pour les 14 prochains jours, le premier ministre a tenu à spécifier que son état de santé n’inspirait aucune crainte. Il a aussi annoncé qu'un programme de relance fiscale serait dévoilé bientôt.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Je n’ai aucun symptôme, je me sens très bien », s’exprimant à l’extérieur de sa résidence de Rideau Cottage, où il sera confiné pour les deux prochaines semaines, concédant que l’isolement n’est « pas idéal » et « un peu frustrant », et parce que « nous sommes tous des êtres sociaux ».

Le premier ministre Justin Trudeau est en quarantaine préventive pour une période de 14 jours, après que sa femme Sophie Grégoire-Trudeau eut contracté la COVID-19. Elle avait commencé à ressentir des symptômes à son retour de Londres, au Royaume-Uni. « Ses symptômes demeurent légers », a relaté son mari au micro d'un lutrin installé devant la porte de sa demeure.

Invité à dire pourquoi lui-même ne se soumettait pas à un test de dépistage, il a plaidé que la santé publique ne faisait pas cette recommandation. Les experts sont d'avis que « tant et aussi longtemps que je n'aurai pas du tout de symptôme du coronavirus, ça ne sert à rien de me tester », a-t-il indiqué.

Sur le site de Santé Canada, il est écrit que « les personnes infectées par la COVID-19 peuvent n'avoir que peu ou pas de symptômes ». Jusqu'à présent, plus de 15 000 tests de dépistage ont été effectués à l'échelle du pays, et il y avait, en date de vendredi, 157 cas déclarés, a spécifié plus tôt l'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam.

Le premier ministre et ses enfants sont en isolement, tandis que Sophie Grégoire-Trudeau, elle, est en quarantaine pour une période indéterminée. « Les enfants ont joué au Lego ce matin, ma femme a parlé au téléphone avec famille et amis, et moi, j'étais au téléphone avec le président [Emmanuel] Macron, des membres du cabinet, des fonctionnaires », a relaté Justin Trudeau.

Des mesures pour l'économie, moins d'aéroports pour les vols internationaux

Pendant son allocution, le premier ministre a par ailleurs annoncé que le gouvernement fédéral dévoilerait dans les prochains jours un costaud programme de relance économique. Les deux dernières journées ont été catastrophiques sur les marchés financiers. L'indice principal de la Bourse de Toronto a connu sa pire journée en 80 ans, jeudi.

Le premier ministre a aussi promis d'« aider directement les Canadiens » pour qui « l'absence de chèque de paye pourrait avoir des conséquences extrêmes sur leur capacité de payer leur loyer, de s'occuper de leurs enfants ou des aînés ou de mettre de la nourriture sur la table » ainsi que les petites et moyennes entreprises « qui vont faire face à des semaines difficiles ». Le ministre des Finances, Bill Morneau, doit dévoiler certaines mesures plus tard en journée, vendredi.

Le premier ministre a réitéré ce que son ministre des Transports, Marc Garneau, avait annoncé avant lui, soit que le nombre d'aéroports qui accueilleront les vols internationaux sera revu à la baisse. Il n'a pas exclu que des mesures plus drastiques, comme fermer les frontières aux voyageurs étrangers, pourraient venir. « Nous ne fermons pas la porte à toute prochaine étape », a soutenu Justin Trudeau.

La crise de la COVID-19 a forcé l’annulation de la rencontre à laquelle Justin Trudeau avait convié ses homologues provinciaux et territoriaux, jeudi et vendredi, à Ottawa. Il s’entretiendra avec eux en début d’après midi. L’administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam, sera sur la ligne elle aussi.