(Québec) Le gouvernement Legault doit dès maintenant restreindre les visites dans les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) pour prévenir la contagion des personnes les plus vulnérables à la COVID-19. C’est en partie ce que réclame l’opposition qui estime que Québec n’en fait pas assez pour combattre la crise.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« Vraiment, je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas la première directive qu’on ait prise parce qu’on le sait : les personnes âgées sont les plus à risque. Je souhaite une directive très claire », a lancé le chef intérimaire du Parti libéral, Pierre Arcand. Une préoccupation partagée par son collègue du Parti québécois, Pascal Bérubé.

« Pour en avoir fréquenté un pendant trois ans avec mon père en fin de vie, je peux vous dire qu’évidemment, il y a des facteurs de vulnérabilité importants. […] Tout ce qui n’est pas nécessaire [comme visite] », devrait être annulé, expliqué M.  Bérubé, rappelant que des mesures extraordinaires doivent être prises partout.

Jeudi matin, tous les partis d’opposition ont tenu à bien préciser que l’heure n’était pas à la partisanerie. « Nous, aujourd’hui, on lance un appel à la confiance, un appel à la confiance envers nos experts de santé publique, nos institutions », a lancé pour sa part le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Le PLQ estime par ailleurs que Québec devrait émettre des directives beaucoup plus claires pour rassurer la population. Il croit qu’un « flou » sur les mesures à prendre persiste à l’heure actuelle, malgré les mises à jour des autorités de santé publique et gouvernementale.

« Ça prend des directives pour les écoles, les garderies, les événements, pour nos CHSLD. Actuellement, il n’y a aucune recommandation qui m’apparaît claire et chacun y va comme il pense. Ça prend des messages clairs à la population. Le temps est à l’action », a martelé M. Arcand.

Il demande également que le gouvernement s’assure que « des appareils de dépistage soient présents partout au Québec ».

Resserrement aux aéroports

Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois réclament également qu’Ottawa resserre d’urgence les mesures de contrôle aux aéroports.

Le PQ déposera d’ailleurs une motion voulant que « L’Assemblée nationale demande au gouvernement du Canada de mettre en place un véritable protocole de détection du coronavirus (COVID-19) chez toutes les personnes entrant au Canada et d’outiller davantage le personnel des services frontaliers. »

Pour M. Bérubé, tous les voyageurs « sans exception » devraient subir un contrôle à leur arrivée à l’aéroport. Si les ressources sont insuffisantes, on devrait à tout le moins assurer une surveillance pour les voyageurs en provenance des pays à risque.

« Les gens rentrent au Québec sans aucun problème, sans aucune validation de leur état de santé alors on peut bien prendre toutes les précautions nécessaires si on ne contrôle pas la porte d’entrée, on a un problème majeur », a-t-il déclaré.

À savoir si le Canada devrait, comme les États-Unis, fermer ses frontières à l’Europe, M. Bérubé indique que c’est une éventualité « à considérer ».

Pour sa part, M. Arcand craint que le Canada ne devienne « une passoire ». « Ça va certainement prendre des contrôles plus importants que ce qu’on a actuellement au Canada », a-t-il dit.