Les beaux jours se prêtent à merveille à la détente, mais pas besoin de mettre son cerveau en vacances pour autant. Voici quatre suggestions de nos chroniqueurs pour se divertir et réfléchir sous le soleil, un thème à la fois. Cette semaine, la nature.

Du temps et de l’eau

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Du temps et de l’eau – Requiem pour un glacier, d’Andri Snær Magnason

À l’origine, l’écrivain islandais Andri Snær Magnason ne voulait pas écrire ce livre sur les changements climatiques. Le sujet était pour lui « une affaire de spécialiste ». Il a été convaincu par un climatologue rencontré lors d’une conférence en Allemagne. Les scientifiques ne doivent pas être les seuls à parler du phénomène, car « ce ne sont pas des spécialistes de la communication », lui a dit cet expert. Tant mieux ! Du temps et de l’eau est certainement le livre sur les changements climatiques le plus original que j’ai lu – probablement parce que son auteur n’est pas qu’essayiste, mais aussi dramaturge et poète. Il a approché le sujet « par-derrière, de biais, par en dessous, en naviguant dans le passé et dans l’avenir ». Le résultat est à la fois réjouissant, efficace et convaincant.

Alexandre Sirois, La Presse

Du temps et de l’eau – Requiem pour un glacier, d’Andri Snær Magnason, XYZ, 336 pages

Les ombres filantes

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L’auteur québécois Christian Guay-Poliquin maîtrise à la perfection le récit de survie en forêt. Dans Les ombres filantes, la société est désorganisée par une panne d’électricité généralisée. Dans cet univers sans gouvernement où c’est chacun pour soi, un homme marche en forêt pour rejoindre le camp de chasse de sa famille. Il fait alors la rencontre d’un garçon de 12 ans, qu’il prend sous son aile. Ce roman traite de nature, de générosité, d’entraide, de la vie en société. Si vous aimez Les ombres filantes, vous aimeriez assurément le roman précédent de Christian Guay-Poliquin, Le poids de la neige, qui traite des mêmes thèmes, cette fois dans un village isolé sans électricité.

Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse

Les ombres filantes, de Christian Guay-Poliquin, La Peuplade, 344 pages

Forêt

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Forêt, de Gérald Le Gal et Ariane Paré-Le Gal

Forêt, de Gérald Le Gal et Ariane Paré-Le Gal, a changé mon rapport avec la nature québécoise. Ce livre donne des idées de recettes pour à peu près tout ce qui pousse autour de nous, de la quenouille aux hélicoptères qui tombent des érables. Depuis ma lecture de Forêt, je cueille les amélanches sur le mont Royal, je fais de la limonade avec les fleurs du lilas dans notre cour, et je fais suer le reste de la famille en m’arrêtant toutes les deux minutes, en randonnée, pour essayer d’identifier ici des catherinettes, là des framboises noires. Un essai fascinant.

Alexandre Pratt, La Presse

Forêt, de Gérald Le Gal et Ariane Paré-Le Gal, Cardinal, 384 pages

Un été dans la Sierra

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Un été dans la Sierra, de John Muir

Dans le mouvement environnementaliste, John Muir est célèbre. Il est qualifié de père fondateur du réseau national de parcs aux États-Unis. Il a aussi fondé le Club Sierra. Ses séjours dans la Sierra Nevada au milieu du XIXe siècle furent déterminants pour en protéger des merveilles comme la vallée de Yosemite. Le président Theodore Roosevelt a insisté pour camper quatre jours avec lui dans cette région en 1903. Ce qui a toutefois été un peu oublié de Muir, c’est son talent d’écrivain. Chaque page de ce récit se démarque par la précision et la richesse de la langue. Son souci de bien décrire ce qu’il voit ne fait qu’approfondir son émerveillement contagieux. Il ne joue pas à l’aventurier intrépide. Pour lui, la montagne n’est pas un obstacle à vaincre. Plutôt un endroit dans lequel s’immerger pour en goûter lentement toute la beauté.

Paul Journet, La Presse

Un été dans la Sierra, de John Muir, Hoëbeke, 240 pages