L’exercice est pratiquement impossible à faire et pourtant, nous l’avons imposé aux photographes de La Presse : parmi les (dizaines de) milliers d’images qu’ils ont prises depuis le début de leur carrière, quelles sont les dix qui ont été les plus marquantes ? Un choix déchirant et très personnel. François Roy s’est prêté à l’exercice.

Publié le 12 juin
François Roy
François Roy La Presse

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Août 2009, L’Île-Bizard. Un remorqueur saute dans l’eau après avoir fixé une chaîne à un camion pour le sortir de la rivière des Prairies. Plus tôt, des voisins ont sauvé un homme qui avait tenté de mettre fin à ses jours en plongeant à toute vitesse dans l’eau à bord de son véhicule. Passer en revue 17 ans de photos nous fait réaliser qu’on a vu beaucoup de choses, de gens et de situations.

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Novembre 2006, Westmount. Le chef de la mafia montréalaise, Nicolo Rizzuto père, est escorté par deux policiers au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada. Plus de 700 policiers ont participé ce matin-là à une arrestation massive de membres de la mafia. En repassant à travers toutes mes photos, j’ai fait plusieurs constats. Je fais parfois les mêmes erreurs qu’au début, mais je vois aussi les pièges que je réussis à éviter. L’expérience m’aura donné un sens de l’anticipation pour prendre la bonne photo dans le bon angle et au bon moment.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Octobre 2017, Cayo Coco, Cuba. Un homme en tenue de révolutionnaire cubain participe aux efforts de reconstruction d’hôtels détruits par l’ouragan Irma. C’est l’un des premiers clics que j’ai faits à la sortie de l’avion. « Nous pouvons rentrer, j’ai ma photo », avais-je crié à la blague à ma collègue journaliste.

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Décembre 2008, Jonquière. Alors chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest fait des appels à l’arrière de son autocar de campagne aux côtés de sa femme, Michèle Dionne. Cette année-là, j’avais eu le mandat de passer une journée dans la vie des chefs des trois principaux partis politiques du Québec qui étaient Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont.

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Juillet 2021, Montréal. Les joueurs du Canadien et du Lightning arrivent sur la glace du Centre Bell en vue du 4e match de la finale de la Coupe Stanley. Le Canadien a gagné la partie, mais perdu la Coupe deux jours plus tard. La beauté de ce travail est que l’on fait beaucoup de photos variées. Même si on apprécie certains sujets plus que d’autres, on met nos opinions, nos goûts et nos émotions de côté. Pas question de laisser voir qu’on a une équipe favorite…

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Octobre 2015, quartier Rosemont, Montréal. Garder mon enthousiasme et ma nervosité bien cachés, c’était le mot d’ordre que je m’étais imposé pour faire le portrait de Jean Leloup, l’un de mes artistes préférés. J’ai réussi à saisir cet hyperactif assumé pendant un bref moment de calme. Replonger dans ses archives, c’est aussi constater le passage du temps : Montréal qui change, des artistes et des politiciens qui vieillissent, n’ont fait que passer ou ont disparu.

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Février 2019, Lévis. Lors d’une visite surprise, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, discute avec une résidante d’un CHSLD, en banlieue de Québec.

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Juin 2020, Sorel. Une grue retire la dépouille du rorqual à bosse qui avait remonté quelques jours plus tôt le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Montréal. Après avoir épaté les citadins avec ses sauts spectaculaires, le jeune mammifère marin est mort non loin de Varennes. Il a ensuite été remorqué jusqu’au quai de Sainte-Anne-de-Sorel.

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Septembre 2019, Salar d’Uyuni, Bolivie. Des touristes admirent le coucher du soleil dans le désert de sel blanc. La saison des pluies laisse une couche d’eau limpide et stagnante qui reflète parfaitement le ciel. Revoir toutes mes photos m’a fait oublier les bobos qui sont apparus avec le temps, à force de trimballer l’équipement, de faire le pied de grue ou de me contorsionner pour avoir le bon angle. Être témoin de ce qui se passe au quotidien, ça développe aussi un bon talent de conteur !