Cette photo est l’une de mes préférées. Son résultat est un mélange de chance, et de persévérance. Explications de ce qui se cache derrière la publication de cette image.

Martin Chamberland Martin Chamberland
La Presse

Le 27 juin dernier, j’étais au Festival de Jazz de Montréal dans le cadre d’une affectation pour la section Arts. La soirée s’est bien déroulée, mais lors de la toute dernière chanson, le ciel s’est assombri lourdement et des gouttes de pluie ont commencé à tomber sur la tête des festivaliers. Le vent s’est également mis de la partie et la plupart des gens ont quitté le site, moi le premier. Je souhaitais surtout épargner mon équipement photo et tenter de garder un brin de dignité capillaire.

Le ciel s’est alors mis à nous éblouir de mille et un éclairs, une soirée orageuse comme seul un photographe peut l’apprécier. À ce moment, ce qui m’importait le plus était d’envoyer mes photos du Festival de Jazz au journal, pour publication le lendemain. Après tout, je venais d’assister aux trois premières chansons de cinq spectacles, en une seule soirée.

En retournant vers la maison, je suis devenu obsédé par l’idée de capter en photo l’un de ces éclairs, ce qui est en soi relativement complexe. Je me suis mis à la recherche de l’endroit parfait pour obtenir une bonne image.

C’est à mi-chemin sur le (vieux) pont Champlain que j’ai pensé que le nouveau pont Samuel-De Champlain ferait parfaitement l’affaire. Je me suis donc déplacé dans un parc aux abords du fleuve Saint-Laurent, à Brossard. J’avais par hasard un trépied du bureau dans ma voiture. Je l’ai installé dans l’herbe et me suis mis à prendre des photos pendant plus de quarante-cinq minutes.

La fréquence des éclairs m’a permis de réussir plusieurs clichés, dont celui-ci qui est mon préféré. La réflexion de l’image sur le fleuve est venue ajouter une touche bien spéciale à cette image, réussie grâce à de la patience, et un peu d’obstination!