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Anote's Ark: des îles (et une culture) menacées

Dès sa sortie, en janvier à Sundance, le long métrage documentaire Anote's Ark, de Matthieu Rytz, a fait parler de lui. Non seulement le film évoque-t-il les effets néfastes des changements climatiques sur la population des Kiribati, république insulaire du Pacifique, mais il s'attarde aussi sur l'impact qu'aurait la disparition de ces îles sur la culture et la spiritualité de sa population.

Les films environnementaux sont à la mode. Le vôtre présente une difficulté supplémentaire en raison de l'éloignement des Kiribati. Quelle est la motivation derrière votre démarche?

À la base, je suis photographe et je suis parti là-bas dans le cadre d'un projet pour le festival Montréal en lumière. J'avais fait une installation au métro Saint-Laurent avec des images des Kiribati à l'intérieur de murs de glace. L'idée était de faire réfléchir sur la perte de glace et la perte de territoire [en raison de la montée des eaux causée par le réchauffement climatique].

Le dernier jour de mon voyage, j'ai rencontré le président [Anote Tong]. J'ai été fasciné par le personnage, son charisme, mais aussi sa mission absolument incroyable. Car son État est menacé de disparition d'ici à la fin de ce siècle. Quelle mission pour un chef d'État peut être plus grande que celle-ci: sauver son État de la disparition? De là le début de cette aventure de quatre ans.

Dans le film, vous racontez en parallèle l'histoire du président et celle d'une jeune femme, Sermary, en exil. Quels rapprochements faites-vous entre eux?

Il était important pour moi de suivre un personnage comme Sermary. Suivre uniquement le président aurait été décalé par rapport à la réalité du quotidien des habitants. Le fait de suivre deux personnages donne deux visages à la problématique, mais montre que tous deux vivent la réalité au même niveau. Anote a beau être le président, sa petite cabane au bord de l'eau risque de se retrouver sous la mer.

Le documentariste Matthieu Rytz... (Photo fournie par EyeSteelFilm) - image 2.0

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Le documentariste Matthieu Rytz

Photo fournie par EyeSteelFilm

Je crois que c'est ce qui est un peu différent d'autres films environnementaux. Souvent, ceux qui parlent, ce sont des scientifiques, des chefs d'État ou des personnalités qui seront les derniers touchés. C'est important qu'ils parlent, car ils diffusent les enjeux. Mais je voulais aussi donner un visage plus humain, plus réaliste, des gens affectés.

En utilisant le prénom du président, vous faites un jeu de mots amusant autour de l'Arche de Noé. Voyez-vous un parallèle entre ces deux histoires?

J'ai beaucoup réfléchi avant de mettre ce titre à connotation biblique. Mais ce que j'ai retenu, c'est davantage la connotation symbolique dans l'histoire de Noé qui a dû choisir ce qu'il peut sauver ou non avant le Déluge. Aux Kiribati, si les habitants doivent migrer vers de nouvelles terres, qu'est-ce qu'ils pourront sauvegarder sur le plan spirituel? Sur le plan culturel? Sur le plan linguistique? Nous ne sommes pas ici dans les questions matérielles. Je m'intéresse à ces questions fondamentales. Dans le sort des Kiribati, il y a des questions identitaires qui sont liées aux questions de changements climatiques.

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Anote's Ark a pris l'affiche vendredi.




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