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Indian Horse: devoir de mémoire

Le réalisateur Stephen Campanelli s'est attaqué au grand... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Le réalisateur Stephen Campanelli s'est attaqué au grand roman anishinaabe de Richard Wagamese, mort il y a un an, dans le but de traiter d'un sujet délicat: les pensionnats autochtones.

Photo Bernard Brault, La Presse

Mario Cloutier

Pour son deuxième long métrage, le réalisateur Stephen Campanelli s'est attaqué à un sujet aussi immense que le Canada, les pensionnats autochtones. Indian Horse a été tourné, cependant, dans le plus grand respect des Premières Nations.

Même s'il s'est gelé les oreilles en tournant Indian Horse dans le nord de l'Ontario, le cinéaste Stephen Campanelli n'a pas froid aux yeux. L'Italo-Montréalais de naissance s'est attaqué au grand roman anishinaabe de Richard Wagamese, mort il y a un an, dans le but de traiter d'un sujet délicat, les pensionnats autochtones.

«Richard a choisi lui-même le scénariste, Dennis Foon, et il m'a donné sa bénédiction pour réaliser le film, dit-il. Quand j'ai lu son très beau livre, je voyais le film dans ma tête. On avait la même vision pour la réalisation. Il a collaboré à l'écriture et acceptait le fait que nous n'étions pas autochtones.»

Stephen Campanelli, qui vit maintenant à Vancouver, avait commencé à travailler sur ce film, qui a remporté cinq prix dans des festivals au pays, avant même que le mot «appropriation culturelle» n'apparaisse dans l'actualité.

«J'étais très sensible au fait qu'un groupe de Blancs allait raconter une histoire autochtone. Durant tout le processus, nous nous sommes entourés de membres des Premières Nations, d'une productrice à des consultants en passant par les anciens qui ont présidé des cérémonies avant chaque jour de tournage.»

«Pour moi, le compliment le plus important est venu des spectateurs autochtones qui m'ont dit avoir beaucoup aimé le film.»

Hockey

Racontant le parcours d'un jeune autochtone ontarien volé à sa famille, mais qui se découvre une passion pour le hockey dans un pensionnat, Indian Horse met en vedette une pléthore d'acteurs autochtones en provenance du Canada et des États-Unis.

«On a fait beaucoup d'auditions pour trouver l'interprète du rôle principal enfant, Saul. Il s'appelle Sladen Peltier et il ne connaissait rien à l'interprétation, mais il savait très bien jouer au hockey. On l'a découvert dans un tournoi à Toronto. Il est excellent. En Saul adolescent, Forrest Goodluck est très bon aussi. Il vient du Nouveau-Mexique.»

Sladen Peltier incarne Saul dans Indian Horse.... (Photo fournie par Entract Films) - image 2.0

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Sladen Peltier incarne Saul dans Indian Horse.

Photo fournie par Entract Films

Le nom de Clint Eastwood apparaît au générique comme producteur exécutif, même s'il n'a pas mis les pieds sur le plateau. Stephen Campanelli espère que ce soutien l'aidera à trouver un distributeur aux États-Unis.

«Ça fait 24 ans que je travaille avec lui. Clint est un grand ami et une inspiration. C'était mon idole quand j'étudiais en cinéma. Je lui ai montré une première version du film et ça l'a beaucoup touché. Il m'a offert son aide sans la moindre compensation.» 

Direction photo

Ancien cadreur lui-même, Stephen Campanelli a fait appel à son ami d'université, Yves Bélanger, pour la direction photo, d'ailleurs magnifique, de son film. 

«Quand je lisais le livre, je me demandais comment traduire la spiritualité et la poésie au cinéma. Je disais constamment à Yves de tourner des images qui nous relient à la nature, ce qu'il a fait merveilleusement. Pour des raisons de budget, j'ai dû couper des scènes, mais peut-être qu'on pourra les ajouter un jour dans une version longue», dit-il en riant. 

Indian Horse a été majoritairement tourné en territoire autochtone, parfois dans des conditions très difficiles.

«C'était mon premier hiver canadien depuis 20 ans parce que j'étais installé à Los Angeles. Mais nous avons rencontré les membres des communautés autochtones qui nous ont ouvert leurs portes. Ils connaissaient tous le roman. Certains sont venus voir le tournage. On savait, quelque part, qu'on était en train de réaliser quelque chose de spécial.»

Rappelons que 150 000 enfants ont vécu dans des pensionnats autochtones gérés par des religieux entre 1820 et 1996. Près de 6000 y sont morts, notamment à la suite de mauvais traitements et d'abus de toutes sortes. 

Le pape François vient tout juste de refuser de présenter ses excuses aux autochtones canadiens pour le rôle joué par l'Église catholique dans cette triste histoire.

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Indian Horse (Cheval indien en version française) a pris l'affiche vendredi.




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