Nicolas Bary: dans le monde de Daniel Pennac

Campé dans un environnement plutôt fantaisiste, le film... (Photo fournie par Métropole Films)

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Campé dans un environnement plutôt fantaisiste, le film Au bonheur des ogres, adaptation du roman de Daniel Pennac, met en scène une famille joyeusement bordélique, dont la responsabilité repose sur les épaules du frère aîné Benjamin, interprété par Raphaël Personnaz (troisième à partir de la gauche sur la photo).

Photo fournie par Métropole Films

(Paris) Nicolas Bary signe cette adaptation cinématographique du célèbre roman de Daniel Pennac. Raphaël Personnaz, Bérénice Bejo, Emir Kusturica et Guillaume de Tonquédec en sont les têtes d'affiche.

Nicolas Bary ne s'en cache pas. La sortie d'Au bonheur des ogres en France fut «un peu difficile». Entendez par là que cette adaptation cinématographique du premier tome de la série de six romans que Daniel Pennac a consacrés à la famille Malaussène n'a pas obtenu là-bas le succès escompté.

«Mais je suis fier du film que nous proposons, affirmait le cinéaste au cours d'un entretien accordé récemment à La Presse. Mettre un film au monde constitue toujours une opération très délicate. Au bonheur des ogres est sorti alors que plusieurs autres bons films prenaient aussi l'affiche. Il s'est perdu dans la masse. On l'a aussi catalogué dans la catégorie des productions destinées à un jeune public alors que ce n'est pas du tout ça. Pour moi, ce qui est vital, c'est que Daniel Pennac soit content de cette adaptation et qu'il ne se sente pas trahi. On s'entend encore super bien lui et moi!»

Convaincre Pennac

Cette reconnaissance se révèle d'autant plus précieuse aux yeux du cinéaste que l'auteur a dû se laisser convaincre avant de céder les droits d'adaptation de son roman. Près de 30 ans après sa publication, et de nombreuses offres d'adaptation refusées par le romancier, le feu vert a enfin été donné. C'est à la faveur d'une lecture publique d'une nouvelle d'Herman Melville qu'a faite Daniel Pennac au théâtre que Nicolas Bary est allé à la rencontre de l'auteur pour la première fois.

«Après mon premier long métrage, Les enfants de Timpelbach, qui avait été tourné avec des gamins, j'ai souhaité poursuivre un peu dans la même veine et trouver une histoire que je pourrais traiter sous forme de conte, explique le cinéaste. C'est à ce moment que j'ai pensé à Au bonheur des ogres, même si je savais que l'adaptation n'allait pas être simple.

«Je suis allé voir Daniel Pennac au théâtre et je lui ai parlé du projet, poursuit-il. Il ne tenait pas du tout à ce que son roman devienne un film. Et il a dit non. Je ne me suis pas laissé décourager pour autant et je suis revenu à la charge. Je lui ai écrit une longue lettre. Je crois que mon enthousiasme et la conviction que j'avais de pouvoir bien mener ce projet à terme ont été déterminants. Après l'avoir suffisamment dragué et qu'il m'ait donné les clés de sa voiture, c'est là que je me suis rendu compte à quel point le travail d'adaptation ne serait pas évident à faire!»

Campé dans un environnement plutôt fantaisiste, Au bonheur des ogres met en scène une famille joyeusement bordélique, dont la responsabilité repose sur les épaules du frère aîné Benjamin (Raphaël Personnaz). Des incidents étranges survenant régulièrement dans sa vie, au point d'attiser les soupçons des autorités, le jeune homme mène l'enquête pour trouver des réponses. Autour de lui, des personnages colorés, interprétés par des acteurs de renom, parmi lesquels Bérénice Bejo, Guillaume de Tonquedec et le cinéaste Emir Kusturica. Ce dernier, vu notamment dans La veuve de Saint-Pierre (Patrice Leconte) et L'affaire Farewell (Christian Carion), est d'ailleurs le premier interprète à qui Nicolas Bary a pensé.

«Il est génial! Emir a une vraie gueule de cinéma. Au début, j'étais un peu intimidé car il dégage une autorité naturelle qui peut faire cet effet-là sur les gens. Puis, je me suis souvenu que j'avais déjà travaillé avec d'autres "monstres" auparavant, Gérard Depardieu notamment. J'ai pris plaisir à jouer mon rôle de metteur en scène. On renifle les personnalités de chacun pour mieux ensuite les prendre avec douceur, mais fermeté!», lance-t-il en riant.

Mélange de styles

Très attiré par le mélange de styles que lui permettait d'explorer cette histoire, Nicolas Bary aura finalement eu besoin de deux ans pour mettre son adaptation au point.

«Le titre m'a toujours servi de guide. On y trouve déjà un contraste. Je voulais aussi faire le pari de la légèreté, même si certains thèmes sont plus graves. Cela dit, j'ai quand même adouci certains angles afin que l'atmosphère générale soit un peu moins violente que celle du bouquin.»

Nicolas Bary compte par ailleurs tourner cette année Un mari pour l'hiver, une fable romantique dans laquelle les hommes sont éduqués dans le but précis de répondre aux besoins des femmes avec qui ils vivront en couple.

«Cela se situe un peu entre The Truman Show et Bienvenue à Gattaca!, prévient le cinéaste. Ana Girardot et Guillaume de Tonquedec en seront les acteurs principaux.»

Précisons qu'Ana Girardot (fille d'Hippolyte) tient actuellement le rôle de Juliette dans la production de Roméo et Juliette que propose le Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris. Son partenaire de jeu dans la pièce de Shakespeare est l'acteur franco-québécois Niels Schneider.

Au bonheur des ogres prend l'affiche le 21 février. Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.




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