On le sait: les enfants ne naissent pas dans les choux. Sauf dans quelques contes, dont celui qu'a écrit le réalisateur Peter Hedges et dans lequel Jennifer Garner incarne la mère d'un gamin littéralement sorti de terre. Rencontre vivante avec la vedette de The Odd Life of Timothy Green.

Sonia Sarfati LA PRESSE

«J'éprouve un besoin viscéral de dire aux gens d'aller voir ce film. Il n'y a plus d'histoires inédites au grand écran et on ne peut pas aller au cinéma que pour voir The Avengers. On doit parfois essayer autre chose, sinon c'en sera fini de l'originalité», a soutenu Jennifer Garner devant une poignée de journalistes venus la rencontrer dans un hôtel de Los Angeles pour discuter de The Odd Life of Timothy Green.

Dans «ce film pour adultes que les enfants peuvent aimer», comme le décrit le réalisateur et scénariste Peter Hedges, la comédienne incarne Cindy Green, qui vit dans un village auprès de son mari, Jim (Joel Edgerton). Le couple essaie depuis longtemps d'avoir un bébé. Il vient d'avoir la confirmation que cela lui sera impossible. Au cours d'une soirée bien arrosée, les époux couchent sur papier leur «enfant idéal», c'est-à-dire une liste de ce qu'il serait, de ce qu'il ferait. Et, pour faire le deuil de cet enfant-là, ils enterrent ladite liste dans le jardin. Éclate alors un violent orage. Quelques heures plus tard apparaît Timothy (C.J. Adams). Leur fils. Âgé de 10 ans.

Variation sur le thème de l'étranger qui arrive, change tout et tous autour de lui avant de disparaître (à la façon du Petit prince, d'E.T. ou de Mary Poppins), The Odd Life of Timothy Green est, comme le dit Jennifer Garner, un film «différent» dans le panorama actuel, surtout estival. C'est l'une des raisons qui ont poussé la femme de Ben Affleck à accepter, pour la seconde fois (auparavant, il y avait eu Juno), le rôle d'une femme qui ne peut avoir d'enfant. Elle qui en a trois. «Si Ben était ici, il n'aurait qu'à me regarder pour qu'on soit en route pour le quatrième. Mais il est à la maison à s'occuper des trois premiers», a-t-elle plaisanté avant de s'admettre fortunée en cet aspect de sa vie.

«J'ai plusieurs amies infertiles et j'éprouve une empathie immense pour ce qu'elles vivent. J'ai vu à quel point ce drame peut briser quelqu'un, briser son image de soi», poursuit celle qui apprécie le fait que, tout comme Juno, The Odd Life of Timothy Green mette de l'avant une famille «née» de manière non traditionnelle, comme il y en a de plus en plus.

Parent, sans mode d'emploi

Une fois l'étape de la «naissance» passée, le film s'attarde à l'art d'être parent. Un art fait d'improvisation, d'essais et d'erreurs. Cela, Jennifer Garner sait par expérience directe. «J'ai compris qu'on grandit avec ses enfants, qu'on apprend avec eux, avec chaque changement de couche, chaque premier pas, chaque premier jour d'école.» Pas de mode d'emploi, donc. Pour personne. Pas plus pour Cindy Green que pour elle. Ni pour ses propres parents. «Mais j'ai eu la chance que mon père et ma mère me laissent faire... beaucoup plus que je ne laisse faire mes enfants, en fait», raconte-t-elle. «Ils me laissaient écrire mes petites histoires, prendre des cours de danse. Je dansais tout le temps et je faisais partie de la fanfare. Puis, au collège, j'ai décidé d'étudier en théâtre et, là encore, ils m'ont laissée aller. Ils n'ont pas facilité les choses pour que je devienne actrice, mais ils m'ont laissée essayer, découvrir ce que j'aimais. Et à leurs yeux, si ça pouvait devenir une carrière, tant mieux.»

C'est ce que Cindy - et peut-être Jennifer, de son propre aveu - doit apprendre. C'est le message de The Odd Life of Timothy Green: «Laisser nos enfants devenir les personnes qu'ils ont à devenir et non celles que l'on croit qu'ils devraient devenir», indique Peter Hedges qui a choisi Jennifer Garner pour ce rôle sur les conseils de son ami Gary Winick, mort l'an dernier. «Il a travaillé avec elle sur 13 Going on 30 et il m'a souvent dit combien elle est non seulement une excellente comédienne, mais aussi une personne extraordinaire.»

Un choix approprié pour incarner la mère d'un enfant hors de l'ordinaire.

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The Odd Life of Timothy Green (La drôle de vie de Timothy Green) prend l'affiche le 15 août.

Les frais de voyage ont été payés par Walt Disney Pictures