Sonia Sarfati LA PRESSE

«Je me suis retrouvé avec un scénario de 350 pages», laisse tomber Michael Patrick King, scénariste et réalisateur de Sex and the City, qui semble encore assommé par ce qui n'est pourtant qu'un souvenir. Trois cent cinquante pages, ça peut donner un film de plus de quatre heures. Pour arriver au long métrage actuel, qui dure quand même 142 minutes, il lui a fallu couper, couper, couper. Et encore couper. «J'avais le début le milieu et la fin, qui ne devaient pas changer. Il m'a fallu élaguer dans le reste, c'est-à-dire les intrigues secondaires.»

Certaines ont été simplifiées. D'autres, carrément amputées. «Nous avions une belle intrigue qui mettait en scène Miranda et la mère du Steve, de plus en plus dépendante, raconte Michael Patrick King. Il a fallu l'enlever. Comme celle où Samantha est aux prises avec une cliente anorexique.» Ou cette autre, amusante, qui suivait les démêlés de Charlotte et, par la bande, de Harry avec la gardienne de 21 ans engagée pour s'occuper de la petite Lily. Et qui a l'habitude de ne pas porter de soutien-gorge - ce qui reste en travers de la gorge de la très BCBG dame de la maison.

«C'était comme une piñata pleine d'histoires!» pouffe le réalisateur qui, il y a quatre ans, à la fin de la série donc, avait déjà quelques idées pour un long métrage mettant en scène celles qui sont devenues «ses» drôles de dames. Mais le film ne s'est pas fait à l'époque. Certains filons sont devenus caducs par eux-mêmes: «Par exemple, si le long métrage avait été fait peu après la fin de la série, vous auriez vu Charlotte et Miranda en Chine pour aller chercher Lily», fait Cynthia Nixon avant de rire au souvenir d'une autre chose qui, grâce à elle, est resté sur papier: «C'est la seule fois où j'ai repris Michael sur le contenu d'un épisode: il envoyait Miranda, alors enceinte de sept mois, faire du lèche-vitrine pour s'acheter... des chaussures à talons hauts. Jamais on ne verra ça!» Et, en effet, on ne l'a pas vu.