Jean-Marc Vallée peaufine sa Victoria

Jean-Marc Vallée a réussi à faire dans les... (Robert Mailloux, La Presse)

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Jean-Marc Vallée a réussi à faire dans les quartiers victoriens de Montréal la post-production de son dernier film, The Young Victoria, produit par Graham King et Martin Scorsese.

Robert Mailloux, La Presse

Jean-Marc Vallée est à Montréal, mais il a toujours la tête dans le monde de l'une des plus célèbres reines d'Angleterre, Victoria. Il donne rendez-vous au pied de la statue de Victoria, non loin des rues Peel, Wellington, Duke et Queen. La coïncidence l'amuse, lui qui a réussi à faire dans les quartiers victoriens de Montréal la post-production de son dernier film, The Young Victoria.

Rappelez-vous: la nouvelle avait suscité tout un emballement l'an dernier au Québec. On apprenait alors que C.R.A.Z.Y. avait tapé dans l'oeil des producteurs Graham King et Martin Scorsese, mais aussi que Jean-Marc Vallée tournerait à Londres leur prochain film, The Young Victoria, d'après un scénario de Julian Fellowes.

Un an plus tard, c'est un Jean-Marc Vallée ravi que l'on retrouve à Montréal. «C'est une expérience assez unique de faire un film de cette ampleur, avec ce type de budget (35 millions, ndlr), et d'arriver sur le tournage et d'avoir autant de liberté créative. C'est la plus belle expérience de tournage de ma vie, et j'ai vraiment fait un bon film», assure-t-il.

Tourné d'août à octobre dernier, The Young Victoria vit chez Fake Studios, à Montréal, les dernières étapes de sa post-production. Vallée retrouve les complices de C.R.A.Z.Y.: le directeur des effets visuels Marc Côté et le spécialiste du son Martin Pinsonnault. Le coloriste Didier le Fouest (Amélie Poulain) et la monteuse Jill Bilcock (Moulin Rouge!), appelée en remplacement de Paul Jutras (C.R.A.Z.Y.), ont également mis à la pâte.

«Je supervise tout créativement», affirme Jean-Marc Vallée. Au fil de la conversation, le réalisateur glisse çà et là plusieurs idées qui l'ont inspiré pour la lumière du film, mais aussi les décors. «Il y a un souci du détail assez anal. Je suis devenu comme eux: je suis devenu très minutieux», dit-il.

Dans l'univers de Jean-Marc Vallée, l'image est indissociable du son. Dans The Young Victoria, Vallée a déniché toutes les perles d'une bande-son qui devrait comprendre valses, opéras et classiques romantiques - «j'ai pas mal découvert Schubert» - tout comme des morceaux contemporains empruntés aux Islandais de Sigur Ros.

«Sur le tournage, j'arrivais tous les matins avec mon iPod et je laissais jouer Sigur Ros. Les personnages principaux, je leur avais fait une compilation, il y avait même différentes tounes qui pour moi représentaient leurs personnages», se souvient-il.

Sur Sigur Ros, Jean-Marc Vallée est intarissable. Grand amateur du groupe, qu'il a invité sur le tournage du film, et qu'il a vu en concert privé à Londres, Vallée s'oppose actuellement à ses producteurs, qui penchent pour une carte «plus grand public».

«Il y a d'autres DJ qui poussent pour autre chose, qui veulent que le film soit plus accessible, que le film touche un plus grand public. C'est toujours l'éternel combat du commerce contre l'art», estime Jean-Marc Vallée. «Je suis sur le point de livrer ma dernière bataille. Là, c'en est une grosse.»

Interprétée par Emily Blunt, «Victoria a quelque chose de très similaire à Zach, dans le sens où elle se sent très différente, très seule. Elle doit assumer sa différence. Oui, j'ai voulu appuyer, comme dans C.R.A.Z.Y. ce côté-là un peu mystique du personnage, de l'élue, choisie de Dieu, un peu comme Zach. Et Sigur Ros, oui, c'est parfait pour cela».

Inspiré visuellement par Ridicule, de Patrice Leconte comme par Barry Lyndon, de Kubrick, Jean-Marc Vallée s'est tenu loin de l'excentricité de la Marie-Antoinette de Coppola. «On s'est dit, essayons de faire un film de reine différent de ton. Essayons de faire un film réaliste, de parler de ce qu'ils ont à dire ces gens-là. J'avais une histoire familiale à raconter cela: l'histoire de cette famille-là.»

C'est au service de l'histoire d'une adolescente que Jean-Marc Vallée a accepté de se mettre. «J'aime le scénario, je pense que je peux en faire un bon film. Je me dis, crisse, quand est-ce que tu vas avoir l'opportunité de faire un film comme ça? Je m'identifiais à elle. On a la même volonté. Comme elle, je me suis dit I will be good, I want to be good. Je veux bien faire.»

The Young Victoria n'a pas encore de date de sortie déterminée au cinéma, mais un autre film de Jean-Marc Vallée revient aujourd'hui dans l'actualité: C.R.A.Z.Y., bien sûr, disponible à présent en DVD Blu Ray. «C.R.A.Z.Y., ça ne finit pas, rit Jean-Marc Vallée. Mais c'est quand même grâce à C.R.A.Z.Y., tout ça.»




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