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Un film lève le voile sur la vie de la photographe Vivian Maier

Finding Vivian Maier... (Photo: fournie par Google Images)

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Finding Vivian Maier

Photo: fournie par Google Images

Romain Raynaldy
Agence France-Presse
Los Angeles

Jusqu'en 2009, personne ne connaissait Vivian Maier. Cinq ans plus tard, elle trône au panthéon des plus grands photographes américains du 20e siècle et un film tente de percer les mystères de son étrange existence.

Le documentaire Finding Vivian Maier, actuellement sur les écrans nord-américains parachève une histoire commencée un beau jour de 2007 dans une salle d'enchères de Chicago.

John Maloof, brocanteur amateur, achète pour 400 $ un lot de dizaines de milliers de négatifs, dans l'espoir d'y trouver de quoi illustrer un ouvrage sur le quartier de Portage Park.

En parcourant les images, il ne découvre rien d'utile pour son livre, mais la qualité des photos l'impressionne. Quelques mois plus tard, au détour d'une enveloppe trouvée dans l'un des cartons, il déniche l'identité de l'artiste: Vivian Maier. Un nom inconnu, même de Google.

Pourtant, lorsqu'il montre les clichés à des professionnels, les réactions sont unanimes: Vivian Maier est du calibre des plus grands photographes de rue américains, de Lisette Model à Diane Arbus, en passant par Helen Levitt ou Robert Frank.

Intrigué, John Maloof se lance à la recherche de Vivian Maier et découvre qu'elle est décédée en 2009, à l'âge de 83 ans.

Par la même occasion, le Sherlock en herbe apprend que l'artiste inconnue, née à New York d'une mère française, n'a pas vécu de la photographie, a travaillé toute sa vie comme gouvernante et nounou, et n'a jamais montré ses photos, restées pour la plupart à l'état de négatifs.

Pourtant, «elle n'était pas recluse, elle ne se cachait pas, elle était très intégrée», explique à l'AFP Charlie Siskel, coréalisateur du film. Mais alors, «pourquoi n'a-t-elle montré son travail à personne, pourquoi était-elle si secrète?», s'interroge John Maloof.

Ce dernier a retrouvé dans les affaires de Vivian de nombreux livres de photographie, prouvant qu'elle s'intéressait au travail de ses contemporains. Et quelques indices laissent penser qu'elle a caressé l'idée de publier ses clichés. Un projet qui ne s'est jamais concrétisé.

«Devenir quelqu'un dont les oeuvres sont reconnues, publiées et exposées, cela ne se fait pas d'un claquement de doigts», observe Charlie Siskel. «Il ne suffit pas d'être un artiste et de créer, il faut aussi se vendre. Et vu sa personnalité, cela n'aurait pas été facile pour Vivian».

«La femme mystérieuse»

John Maloof pense pour sa part «qu'après être restée si longtemps sans montrer son travail, il est venu un moment où il était trop tard pour franchir le pas. La tâche était écrasante».

À travers des entretiens avec ses anciens employeurs et les enfants qu'elle a élevés, le film ébauche le portrait d'une femme très originale, cachée derrière un faux accent français et de nombreux pseudonymes, passant le plus clair de son temps à photographier la faune des rues de Chicago.

Une «veille fille» qui pouvait aussi être dure avec les enfants, nourrissait une profonde méfiance pour la gent masculine et interdisait à quiconque d'entrer dans sa chambre, où elle accumulait journaux et boîtes de négatifs, à la limite du syndrome de Diogène.

«C'était une personne au caractère bien trempé, qui considérait que les femmes devaient être fortes et indépendantes, avoir des opinions et être éduquées», observe Charlie Siskel.

D'expositions en livres, de galeries en salles des ventes, Vivian Maier a aujourd'hui sa place parmi ses pairs. Mais cette excentrique, aimant à se décrire comme «la femme mystérieuse», aurait-elle apprécié cet intérêt tardif pour son travail et sa personne?

Pour Charlie Siskel, les preuves de son désir, même avorté, de publier ses photos montrent que «l'idée romantique selon laquelle elle aurait fait des photos juste pour l'art est probablement erronée».

«Ce qu'elle a fait, au final, est plus héroïque: elle a travaillé inlassablement, sans aucun avis extérieur», observe-t-il.

De fait, ses employeurs eux-mêmes, qui la voyaient en permanence avec son Rolleiflex autour du cou, n'ont jamais demandé à voir ses photos. «Pour eux, elle était juste la bonne», affirme John Maloof.




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