L'ange gardien: voyage au bout de la nuit

Guy Nadon, Patrick Hivon et Marilyn Castonguay.... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Guy Nadon, Patrick Hivon et Marilyn Castonguay.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Le coeur de Normand (Guy Nadon), un gardien de sécurité, est comme celui d'une centrale nucléaire. Il est protégé par plusieurs couches qui l'empêchent d'irradier.

Ces couches, ce sont la nuit et l'immeuble anonyme et silencieux que Normand parcourt inlassablement entre deux périodes d'un match de hockey du Canadien écouté à la radio. Les buts des joueurs du CH procurent à Normand ses seuls moments de bonheur.

Ancien policier, Normand ne s'est jamais remis de la mort de son fils Maxime, à qui il parle encore. Comme s'il croyait aux anges.

Or, une nuit, sa vie va changer. Une nuit froide de l'hiver montréalais où Nathalie (Marilyn Castonguay) et Guylain (Patrick Hivon) commettront un cambriolage dans l'immeuble. Une série d'événements ultérieurs mèneront à une rencontre tendre et improbable, faite de plusieurs aspérités, entre Normand et Nathalie et de laquelle l'homme ira vers la lumière.

Pour écrire L'ange gardien, son second long métrage, Jean-Sébastien Lord est revenu près de 20 ans en arrière, à l'époque où il étudiait à l'université. «Pour un travail, j'avais tourné un court métrage en suivant un gardien de sécurité toute une nuit, raconte-t-il. J'ai été très ému par cette personne-là, par sa solitude. Pour moi, la nuit est un espace à côté du reste du monde. Ça peut devenir un refuge, mais aussi un endroit très cruel.»

Dans le cas de Normand, il a choisi la nuit comme refuge. «C'est une protection contre le monde ambiant, enchaîne le cinéaste. Il est bien dans cet univers. Son seul souhait est que plus rien ne bouge, que tout reste stable et finir ses jours tranquilles. La nuit illustre ça aussi.»

À l'exemple de la nuit, l'édifice est tout autant une protection, voire un personnage. «Le building, c'est Normand, suggère M. Lord. On se promène à l'intérieur de l'édifice comme on le ferait à l'intérieur du personnage, avec toutes ses zones d'ombre et de lumière. Chaque local répond à une facette de sa personnalité.»

Bonne histoire

C'est le scénario aux détours inattendus qui a retenu l'attention des trois principaux interprètes.

Guy Nadon évoque avec fermeté la «bonne histoire» qu'il a vue à la lecture de l'oeuvre. «J'ai été happé par ce truc inattendu qui arrive. Je n'arrivais pas à prévoir l'intrigue», dit-il.

Marilyn Castonguay s'exprime pratiquement dans les mêmes termes. «Il m'a complètement eue dans son dénouement, lance-t-elle, convaincue. En lisant, j'avais l'impression d'avoir deviné ce qui se passait. Pas du tout! Ce thriller avance comme un train sans qu'on se doute de ce qui s'en vient. J'ai trouvé cela extrêmement habile.»

Si l'histoire est singulière, les personnages sont extrêmement attachants en raison de leurs multiples meurtrissures. Chacun tente comme il peut de voler quelques instants de bonheur à la vie. C'est vrai pour Normand, mais aussi pour Nathalie et Guylain dont le couple à la dérive ne tient que par l'enfant qu'ils ont eu ensemble.

«Guylain possède des instincts primaires. C'est un loup, dit Patrick Hivon à propos de son personnage troublé, violent et porté sur la bouteille. Il y a quelque chose de shakespearien dans ce film. Lorsque la peur agit sur quelqu'un comme c'est le cas sur Guylain, tu vois le vrai caractère des gens. Tu vois qui tu es.»

Marilyn Castonguay utilise quant à elle l'expression «instinct de survie» comme liant entre les trois principaux personnages. Cela n'empêche pas sa Nathalie d'être une bonne mère. Au début du film, lorsque celle-ci, de peur d'être rattrapée par Normand, lance: «Je veux être là demain matin pour faire le lunch de ma fille», l'effet est poignant.

«Nathalie fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a et ce qu'elle a reçu, dit la comédienne. Elle pose des gestes qu'on va sans doute questionner, mais quand elle les fait, c'est pour le bien de sa fille Coralie [Shanti Corbeil-Gauvreau], pour que cette dernière soit correcte.»

Guy Nadon a aussi beaucoup d'affection pour son personnage qui, dit-il «est assis sur trop de peine». Il connaissait un peu cette réalité par liens parentaux. «J'ai déjà eu un oncle qui était préposé de nuit au parking de la Place Ville Marie. Il a fait cela durant 25 ans. Il avait ce genre de petite vue tristounette. Il était un peu handicapé, émotionnellement. Mais ici, ce qui est bien, c'est que Normand réussit à remonter à la surface et prendre soin de la vie; la sienne et celle des gens qui lui sont proches.»

L'ange gardien prend l'affiche le 7 mars.




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