Après sept ans d'absence, François Girard revient au cinéma en signant la réalisation de Boychoir, film américain portant sur le parcours d'un garçon troublé et en colère au sein d'une prestigieuse école de chant.

Mis à jour le 1er nov. 2013
André Duchesne LA PRESSE

Du même coup, M. Girard concrétise un vieux projet de plus de 10 ans: travailler avec Dustin Hoffman. Ce dernier sera en effet la grande vedette du film dont la distribution comprendra également Alfred Molina et Kathy Bates.

«Il y a une dizaine d'années, Dustin et moi avons travaillé durant près d'un an à un projet de film dont nous n'avons jamais été en mesure d'acquérir les droits. Nous avons aussi travaillé sur deux ou trois autres projets. À travers ces rencontres, nous sommes devenus amis. Alors, lorsque les producteurs du film m'ont contacté et m'ont dit que Dustin avait un intérêt pour le projet, j'ai tout de suite eu aussi cet intérêt», a raconté M. Girard en entrevue à La Presse hier matin.

Le scénario de Boychoir est signé Ben Ripley qui avait scénarisé le long métrage Source Code en 2011. On y suit Stet, un enfant de 11 ans né dans la misère et le manque d'amour, mais doté d'une voix en or. 

«La directrice de son école s'organise pour l'inscrire à la réputée American Boychoir School de Princeton au New Jersey. Stet y fait la connaissance de Carvelle (Hoffman), un chef de choeur qui, avec son extrême rigueur, pousse le garçon à découvrir tout le talent qui l'habite.

«C'est un texte magnifique, un scénario solide, dit François Girard. C'est un film indépendant à petit budget axé sur les acteurs.»

Recherche planétaire

Le tournage du film s'amorcera en février 2014 au Connecticut et à New York. À l'heure actuelle, M. Girard rassemble sa distribution. «Nous sommes en discussion avec d'autres acteurs bien connus. Tout le monde veut travailler avec Dustin Hoffman», lance-t-il en riant.

Les producteurs se sont aussi lancés dans une recherche à l'échelle planétaire pour dénicher un jeune garçon doué d'un grand talent dramatique et musical pour interpréter Stet.

Autre étape déjà franchie: la mise en place d'une structure musicale. «Il y aura plus de musique dans ce film que dans Le violon rouge, dit M. Girard. Nous avons donc accompli un grand travail de préparation dans ce domaine. L'American Boychoir School (dont la chorale de garçons sera dans le film) a un répertoire plus varié qu'on pense, que ce soit du Handel ou des pièces plus contemporaines.»

Produit par Informant Media (Crazy Heart) et distribué par Embarkment Films, Boychoir sera présenté au prestigieux American Film Market qui aura lieu du 6 au 13 novembre à Los Angeles.

Revenir au Québec

François Girard se dit le premier surpris de constater qu'il s'est passé sept ans depuis la sortie de Soie, son plus récent film. 

«Ce fut une pause accidentelle, dit-il. Il y a eu du travail avec le Cirque du Soleil, puis des pièces de théâtre et encore le Cirque. Mais ce fut une pause très saine. D'avoir réalisé des choses, comme le Persifal de Wagner à l'Opéra de Lyon, m'a fait voir d'autres aspects du métier. Je reviens au cinéma frais comme une rose.»

Des projets, le metteur en scène et cinéaste en a à la tonne. Il songe à collaborer de nouveau avec Franco Dragone et à revenir tourner au Québec. Pour le moment, mon vrai désir est de me concentrer sur Boychoir et de revenir travailler à Montréal. C'est ma ville», conclut-il.