Guillaume Lavallée LA PRESSE

La 32e édition du Festival international des films de Toronto, le plus couru en Amérique du Nord, s'ouvre jeudi avec une carte alambiquée, alliant le faste hollywoodien aux documentaires chocs sur les conflits en Irak et au Darfour.

Les organisateurs du Festival de Toronto poursuivent cette année dans la veine politique après la diffusion l'an dernier d'un docu-fiction controversé mettant en scène la «mort» du président américain George W. Bush.

Le nouveau documentaire de Michael Moore Captain Mike across America, retraçant les aventures de l'activiste à l'éternelle casquette lors de la campagne présidentielle américaine de 2004, sera diffusée à Toronto.

La métropole canadienne accueillera plusieurs figures médiatiques et politiques américaines pour une série de discussions publiques, dont l'ancien président démocrate américain Jimmy Carter.

Le cinéaste canadien David Cronenberg, derrière la caméra de Crash et A History of Violence, doit présenter son dernier opus Eastern Promises mettant en vedette Viggo Mortensen, Naomi Watts et Vincent Cassel.

Brad Pitt, George Clooney, Sean Penn, Cate Blanchett et Juliette Binoche devraient aussi faire crépiter les flashes du 6 au 15 septembre prochain au Festival de Toronto, qualifié de rampe de lancement pour Hollywood à la rentrée culturelle d'automne.

Au total, 349 films de 55 pays seront diffusés à Toronto, qui accueillera en première nord-américaine nombre d'oeuvres projetées en première mondiale à la Mostra de Venise, dont les derniers crus de Woody Allen, Sean Penn et Kenneth Branagh.

Contrairement à Cannes, Venise ou Berlin, le festival torontois ne comporte pas de compétition officielle, mais décerne quelques prix dont ceux du public et de la critique.

Le glamour hollywoodien côtoiera des oeuvres sur les grands conflits planétaires passés ou présents et les plus récents documentaires de Werner Herzog et Barbet Schroeder.

The Battle for Haditha du documentariste Nick Broomfield revient sur la tuerie d'Haditha en Irak au cours de laquelle 24 civils irakiens ont été tués en novembre 2005 par des soldats américains et qui demeure le crime de guerre le plus grave reproché à des membres des forces américaines sur le sol irakien.

L'Irak est aussi au centre de Heavy Metal in Baghdad, portrait d'une formation locale de rock lourd, façon inusitée d'aborder l'actuelle crise irakienne.

Le Darfour, région de l'ouest du Soudan théâtre d'un conflit meurtrier qui tourne actuellement au chaos, fait aussi l'objet d'un rare documentaire tourné sur place de janvier à avril dernier par Ted Braun.

L'adaptation au grand écran de l'autobiographie du général canadien à la retraite Roméo Dallaire, à la tête des Casques bleus lors du génocide rwandais de 1994 est aussi attendue à Toronto.

Tradition oblige, Toronto fait une fois de plus la part belle aux productions françaises avec un total de 33 films et coproductions pour lesquels une presse favorable dans la métropole canadienne peut faciliter la distribution chez le géant américain.

Algérie, histoires à ne pas dire du réalisateur franco-algérien Jean-Pierre Lledo, qui revient sur les événements troubles de la guerre d'Algérie, et Le deuxième souffle d'Alain Corneau seront tous deux présentés en première mondiale à Toronto, ville où les vedettes ne jouissent d'aucun privilège aux yeux des autorités.

L'an dernier, Sean Penn avait grillé une cigarette lors d'un point de presse dans un hôtel de luxe qui avait dû payer une amende de 605 dollars à la province d'Ontario. «Ce n'est pas parce que vous êtes célèbres que vous pouvez être au-dessus des lois», a déjà averti le ministre local de la promotion de la santé.