Michel Dolbec LA PRESSE CANADIENNE

Ça ne commence pas très bien en France pour L'âge des ténèbres, le nouveau film de Denys Arcand, qui s'est fait démolir par l'hebdomadaire Le Nouvel observateur qui compte 2,8 millions de lecteurs.

Le long métrage sortira mercredi prochain sur environ 300 écrans français. L'ensemble de la critique fera connaître son jugement ce jour-là. Bien sûr, il est trop tôt pour dire quel en sera le ton, mais dans le milieu, on pense que les opinions risquent d'être très contrastées, sinon diamétralement opposées.

Le Nouvel observateur a ouvert le bal jeudi avec une charge particulièrement violente publiée sous la rubrique «sifflets» (huées). Dans cette critique cinglante, l'hebdomadaire annonce «la fin de l'empire Arcand». Selon lui en effet, L'âge des ténèbres, jugé «laborieux» sur la forme et «discutable» sur le fond, est le «film de trop d'un auteur claquemuré dans une rancoeur stérile».

L'âge des ténèbres : ce n'est pas seulement le titre de son nouveau film, c'est aussi l'état dans lequel s'est définitivement égaré Denys Arcand, lance le magazine, en déplorant que «la verve et la causticité autrefois appréciables» de l'auteur des Invasions barbares se soient muées en pur fiel».

Aux yeux du critique Xavier Leherpeur, le nouveau long métrage d'Arcand est simplement indéfendable.

«Impossible de défendre son nouveau pamphlet, laborieux côté forme et discutable côté fond, où son héros, pour fuir la médiocrité de son existence, se réfugie dans des rêveries érotomanes de pacotille», écrit-il, en référence aux fantasmes qui permettent au personnage principal (l'excellent Marc Labrèche) de «prendre sa revanche» sur les femmes qui l'oppressent.

«Misogyne autant que misanthrope, réglant leur compte de façon caricaturale aux services sociaux québécois (des incompétents indifférents à la misère humaine), douteux dans son attaque sommaire contre le politiquement correct, le film de trop d'un auteur claquemuré dans une rancoeur stérile», conclut Le Nouvel observateur.