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Jacques Drouin: entre ombre et lumière

Jacques Drouin (à gauche) n'a pas inventé l'écran... (Fournie par l'ONF)

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Jacques Drouin (à gauche) n'a pas inventé l'écran d'épingles, mais c'est tout comme. Le cinéaste et monteur, autrefois à l'ONF, a longtemps travaillé avec cette «machine à rêve». Aussi sur la photo: Norman McLaren et Indira Gandhi.

Fournie par l'ONF

Mario Cloutier

Aujourd'hui et demain, la Cinémathèque québécoise rend hommage au cinéaste Jacques Drouin dans le cadre des 8es Sommets de l'animation de Montréal. Au même moment, l'ONF lance le coffret Jacques Drouin - Oeuvre complète sur écran d'épingles. Rencontre avec un artiste unique au monde.

Jacques Drouin n'a pas inventé l'écran d'épingles, mais c'est tout comme. Le cinéaste et monteur, autrefois à l'ONF, a longtemps travaillé avec cette «machine à rêve».

 En 2007, il a restauré les derniers modèles existants en France et a aidé à former la relève qui a perpétué cette forme de cinéma d'animation. Aujourd'hui, c'est au tour de la cinéaste Michèle Lemieux d'oeuvrer sur la machine acquise par Norman McLaren, pour l'ONF, dans les années 70.

Inventé dans les années 30 par Alexandre Alexeïeff, l'écran d'épingles est effectivement constitué d'une surface de 240 000 têtes d'épingles servant à composer des images sur lesquelles l'éclairage joue un rôle primordial.

«Avec l'écran d'épingles, explique le cinéaste, tout est dans la lumière. C'est un médium de lumière, le cinéma. Il y a d'ailleurs beaucoup qui reste à explorer entre l'ombre et la lumière. Parfois, avec trois sources lumineuses, ça peut donner l'illusion que l'éclairage vient de derrière l'écran, mais il n'en est rien.»

Les images mystérieuses, surréalistes et oniriques qu'il en tire lui ont valu de nombreux prix dans le monde au cours des ans, notamment pour ses films Le paysagiste, L'heure des anges et Ex-enfant.

«Dans chacun, raconte le cinéaste, j'ai essayé de montrer quelque chose de différent de l'écran d'épingles. Et je crois que je n'ai pas terminé d'explorer toutes ses possibilités.»

Son dernier film, Empreintes, remonte à 2004. Il s'agit, cette fois, d'une démarche sans narration, se rapprochant davantage de l'art visuel et démontrant justement l'intérêt de poursuivre les recherches.

«Plusieurs pensent que c'est un film numérique, note Jacques Drouin. Je l'ai fait comme une sorte de tourbillon. Il y a de la musique du début à la fin. C'est un film plus conceptuel, mais je m'en vais vers ça.»

Défis humains

Le cinéma d'animation se fait de plus en plus à l'aide d'ordinateur, mais l'homme qui plantait des épingles milite pour «le plaisir de l'animation qui reste physique. Les défis et les limites que ça représente sont humains».

«Dans beaucoup de ces films numériques, on ne regarde que l'effet, poursuit-il, sans qu'un artiste y ait laissé une trace. L'apport du numérique est de confondre la réalité qui devient ainsi manipulée. L'écran d'épingles est là pour rester, puisque c'est un art sans filet où tout le film se trouve entre les mains du cinéaste tout le temps.»

Il constate tout de même la santé mondiale du cinéma d'animation, le cinéma d'auteur s'entend, surtout quand il voit un film comme Mary and Max et des événements comme les Sommets de l'animation de Montréal.

«La bonne nouvelle avec les Sommets de l'animation est que ça grossit, dit-il. C'est en train de devenir un vrai festival. Ils présentent tout ce qui se fait de meilleur ici et ailleurs.»

En attendant son prochain film!

.....

La Cinémathèque présente Le paysagiste, de Jacques Drouin, et le documentaire Jacques Drouin en relief, de Guillaume Fortin, ce soir à 17h et demain à 17h30 à la salle Claude-Jutra.




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