Sonia Sarfati LA PRESSE

Claude Legault (Thomas)

«Quand je suis arrivé sur le projet, j’ai switché Claude et Guillaume. J’aime les anti-castings mais parfois, c’est dur de se battre contre la vérité de ce qui est là», indique Patrick Huard, pour qui Claude Legault était plus crédible en policier de métier qui craque et Guillaume Lemay-Thivierge, en porte-parole des forces policières.

Les principaux intéressés étaient bien d’accord, une fois les personnages redessinés pour eux. «Du coup, j’ai demandé qu’on me coupe les cheveux très court et qu’on voit les cicatrices sur mon crâne, raconte Claude Legault. Thomas, c’est un flic et rien qu’un flic. Il n’a pas de famille, il ne possède rien... donc il n’a rien à perdre.» Sauf sa place dans la hiérarchie policière - et c’est ce qui lui arrive.

Le tout sur le mode la comédie. Un genre que Claude Legault apprécie, mais pas inconditionnellement: «Une bonne comédie, pour moi, peut se transformer en quelque chose de dramatique. Et Filière 13, tu me donnes le scénario pour deux mois, je peux en faire un drame», assure l’acteur qui, pour se préparer à son rôle, a acheté le coffret des Dirty Harry de Clint Eastwood. Pour la dureté, le côté prêt-à-tout-surtout-à-exploser. Un personnage extraverti, à mille lieues de celui qu’il incarne dans Les 7 jours du talion, par exemple. «J’ai la chance de naviguer entre les genres. Ce qui m’a aidé, c’est que je me suis créé des rôles très différents», fait celui qui, avec Pierre-Yves Bernard, a conçu Dans une galaxie près de chez vous et Minuit, le soir; et qui voudrait prochainement rejouer son rôle, sous les projecteurs: «Je voudrais remonter sur scène d’ici deux ans et «varger ". J’ai l’âge pour ça, maintenant.»

Guillaume Lemay-Thivierge (Jean-François)

«Guillaume est très public, très entertainment. Il a tout le temps le sourire. Il était plus facile de croire qu’il soit le porte-parole de la police et de me voir, moi, dans la peau du vieux routier tourmenté», note Claude Legault qui, au départ, devait incarner Jean-François.

C’est ainsi que Guillaume Lemay-Thivierge est devenu ce jeune policier ouvert qui, soudain, se replie sur lui-même, victime de phobie sociale: «On sent que Jean-François a toujours été à l’aise devant les gens. Il a probablement fait de l’impro quand il était jeune. Il a été très strict à l’école de police et, une fois en poste, comme il sait parler aux gens, il est facilement devenu chum avec ses supérieurs. Je pense qu’il a dû donner une couple de contraventions avant de devenir porte-parole de la police», résume le comédien qui change de peau en travaillant... sa tête et ses pieds.

«La tête, c’est la responsabilité de bien du monde. Les pieds, c’est moi. Pour Casino, j’avais demandé des bottes de cow-boy, ça me donnait une dureté, un côté frondeur. Pour Nitro, de super bons running shoes, ça me permettait de me sentir très groundé pendant un moment et, soudain, de m’enfuir», fait celui qui a opté pour des «petits souliers un peu trop plats et pas très confortables» pour prendre racine dans Jean-François. Pour ce qui est de sa tête, il l’a confiée au «bien du monde» mentionné plus tôt. Résultat: il affiche lunettes de «monsieur»et collier de barbe bien taillé -  et, oui, on y croit. Mais si on n’y croyait pas, il ne «le prendrait pas personnel». À preuve: «Je suis le seul acteur à être allé chercher son prix Aurore», fait-il, rieur, en rappelant la «performance» de sa perruque dans le long métrage Détour.

Paul Doucet (Benoît)

«Il y a, pour moi, un revirement complet entre le personnage que j’interprétais dans Les 3 p’tits cochons, où je travaillais en retenue parce que j’étais porteur d’un secret , et celui de Benoît, où j’étais libre de hurler», indique Paul Doucet qui se glisse dans la peau du patron de Jean-François l’agoraphobe et de Thomas le migraineux. Lui, il est en colère. Sa femme le quitte. Il ne comprend pas pourquoi.

«Il tombe littéralement des nues et explose», poursuit le comédien qui, toutefois, en tant que spectateur, «ne prend pas plaisir au trop gros» - qu’il n’aurait donc «pas de plaisir à jouer». «J’essaie toujours de me brancher sur la réalité. J’ai eu des doutes à propos de ce personnage-là et, pour me rassurer, j’ai posé beaucoup de questions à Patrick», fait celui qui n’a qu’un regret concernant Filière 13: il n’a pas passé assez de temps avec Claude Legault et Guillaume Lemay-Thivierge.

«C’est la preuve que le scénario n’a pas été écrit pour exploiter ce que nous avions établi dans Les 3 p’tits cochons. L’intrigue les réunit, eux. Ils ont chacun leur problème et ils essaient de s’en sortir. Moi, c’est l’inverse. Pendant tout le film, je nie avoir un problème - avant de craquer à la fin», dit-il, admettant qu’il y a bien peu de ce Benoît en lui. «À part quand je suis derrière mon volant et que quelqu’un me coupe», dit celui que l’on a découvert dans le rôle titre de la série Jean Duceppe et qui, depuis, multiple les apparitions au petit et au grand écran. «On m’offre toutes sortes de rôles. C’est merveilleux parce que je serais réticent à refaire des choses, et parce que je suis en train de devenir le type d’acteur que je rêvais d’être. Je suis chanceux.» Il est, aussi, talentueux.

Claude Legault (Thomas)

«Quand je suis arrivé sur le projet, j’ai switché Claude et Guillaume. J’aime les anti-castings mais parfois, c’est dur de se battre contre la vérité de ce qui est là», indique Patrick Huard, pour qui Claude Legault était plus crédible en policier de métier qui craque et Guillaume Lemay-Thivierge, en porte-parole des forces policières.

Les principaux intéressés étaient bien d’accord, une fois les personnages redessinés pour eux. «Du coup, j’ai demandé qu’on me coupe les cheveux très court et qu’on voit les cicatrices sur mon crâne, raconte Claude Legault. Thomas, c’est un flic et rien qu’un flic. Il n’a pas de famille, il ne possède rien... donc il n’a rien à perdre.»Sauf sa place dans la hiérarchie policière - et c’est ce qui lui arrive.

Le tout sur le mode la comédie. Un genre que Claude Legault apprécie, mais pas inconditionnellement: «Une bonne comédie, pour moi, peut se transformer en quelque chose de dramatique. Et Filière 13, tu me donnes le scénario pour deux mois, je peux en faire un drame», assure l’acteur qui, pour se préparer à son rôle, à acheté le coffret des Dirty Harry  de Clint Eastwood. Pour la dureté, le côté prêt-à-tout-surtout-à-exploser. Un personnage extraverti, à mille lieues de celui qu’il incarne dans Les 7 jours du talion, par exemple. «J’ai la chance de naviguer entre les genres. Ce qui m’a aidé, c’est que je me suis créé des rôles très différents», fait celui qui, avec Pierre-Yves Bernard, a conçu Dans une galaxie près de chez vous et Minuit, le soir; et qui voudrait prochainement rejouer son rôle, sous les projecteurs: «Je voudrais remonter sur scène d’ici deux ans et «varger ". J’ai l’âge pour ça, maintenant.»

 

Guillaume Lemay-Thivierge (Jean-François)

«Guillaume est très public, très entertainment. Il a tout le temps le sourire. Il était plus facile de croire qu’il soit le porte-parole de la police et de me voir, moi, dans la peau du vieux routier tourmenté», note Claude Legault qui, au départ, devait incarner Jean-François.

C’est ainsi que Guillaume Lemay-Thivierge est devenu ce jeune policier ouvert qui, soudain, se replie sur lui-même, victime de phobie sociale: «On sent que Jean-François a toujours été à l’aise devant les gens. Il a probablement fait de l’impro quand il était jeune. Il a été très strict à l’école de police et, une fois en poste, comme il sait parler aux gens, il est facilement devenu chum avec ses supérieurs. Je pense qu’il a dû donner une couple de contraventions avant de devenir porte-parole de la police», résume le comédien qui change de peau en travaillant... sa tête et ses pieds.

«La tête, c’est la responsabilité de bien du monde. Les pieds, c’est moi. Pour Casino, j’avais demandé des bottes de cow-boy, ça me donnait une dureté, un côté frondeur. Pour Nitro, de super bons running shoes, ça me permettait de me sentir très groundé pendant un moment et, soudain, de m’enfuir», fait celui qui a opté pour des «petits souliers un peu trop plats et pas très confortables»pour prendre racine dans Jean-François. Pour ce qui est de sa tête, il l’a confiée au «bien du monde»mentionné plus tôt. Résultat: il affiche lunettes de «monsieur»et collier de barbe bien taillé -  et, oui, on y croit. Mais si on n’y croyait pas, il ne «le prendrait pas personnel». À preuve: «Je suis le seul acteur à être allé chercher son prix Aurore», fait-il, rieur, en rappelant la «performance»de sa perruque dans le long métrage Détour.

— Sonia Sarfati

 

Paul Doucet (Benoît)

«Il y a, pour moi, un revirement complet entre le personnage que j’interprétais dans Les 3 p’tits cochons, où je travaillais en retenue parce que j’étais porteur d’un secret , et celui de Benoît, où j’étais libre de hurler», indique Paul Doucet qui se glisse dans la peau du patron de Jean-François l’agoraphobe et de Thomas le migraineux. Lui, il est en colère. Sa femme le quitte. Il ne comprend pas pourquoi.

«Il tombe littéralement des nues et explose», poursuit le comédien qui, toutefois, en tant que spectateur, «ne prend pas plaisir au trop gros» - qu’il n’aurait donc «pas de plaisir à jouer». «J’essaie toujours de me brancher sur la réalité. J’ai eu des doutes à propos de ce personnage-là et, pour me rassurer, j’ai posé beaucoup de questions à Patrick», fait celui qui n’a qu’un regret concernant Filière 13: il n’a pas passé assez de temps avec Claude Legault et Guillaume Lemay-Thivierge.

«C’est la preuve que le scénario n’a pas été écrit pour exploiter ce que nous avions établi dans Les 3 p’tits cochons. L’intrigue les réunit, eux. Ils ont chacun leur problème et ils essaient de s’en sortir. Moi, c’est l’inverse. Pendant tout le film, je nie avoir un problème - avant de craquer à la fin», dit-il, admettant qu’il y a bien peu de ce Benoît en lui. «À part quand je suis derrière mon volant et que quelqu’un me coupe», dit celui que l’on a découvert dans le rôle titre de la série Jean Duceppe et qui, depuis, multiple les apparitions au petit et au grand écran. «On m’offre toutes sortes de rôles. C’est merveilleux parce que je serais réticent à refaire des choses, et parce que je suis en train de devenir le type d’acteur que je rêvais d’être. Je suis chanceux.»Il est, aussi, talentueux.

—Sonia Sarfati