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Jo pour Jonathan : les petits miracles

Paul Barbeau, président de NuFilms.... (Martin Tremblay, archives La Presse)

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Paul Barbeau, président de NuFilms.

Martin Tremblay, archives La Presse

Pour les bonnes et les mauvaises raisons, les films tournés avec de petits budgets font souvent la manchette. Avec un budget de réalisation tournant autour de 70 000 $, Jo pour Jonathan s'inscrit dans la première catégorie. Le producteur Paul Barbeau raconte la genèse de ce film étonnant.

Le producteur Paul Barbeau a de la patience, du flair et... une confiance absolue dans le jeune réalisateur Maxime Giroux.

Dans le passé, Barbeau (NuFilms) a produit Les jours, prix du meilleur court métrage en 2006 au Festival de Toronto et Demain, premier long métrage de Giroux. Ils refont le coup avec Jo pour Jonathan, un film puissant, intelligent, évocateur, tourné en une quinzaine de jours avec très peu de moyens.

L'histoire raconte le parcours de Jonathan (Raphaël Lacaille), un adolescent vivant dans l'ombre de son frère aîné, Thomas (Jean-Sébastien Courchesne). Jonathan est tout de même fasciné par la vie de ce dernier et tente de marcher dans ses pas, en participant notamment à des courses de voitures entre jeunes. Jusqu'au jour où un événement tragique le confrontera à lui-même.

Sans le lien de confiance existant entre Barbeau et Giroux, le film, présenté pour la première fois au Québec demain dans le cadre du Festival du nouveau cinéma, n'aurait jamais vu le jour.

«Ce film a été tourné avec très peu d'argent, raconte le producteur en entrevue à La Presse. Maxime avait reçu une bourse de 50 000 $ du Conseil des arts pour tourner un court métrage. Or, récemment, beaucoup de cinéastes ont connu du succès avec des films sans subventions, tels Denis Côté et Xaxier Dolan. Je me suis demandé si on ne pourrait pas tenter la même chose.»

Barbeau, 38 ans, a donc approché Maxime Giroux pour lui proposer l'aventure, plutôt téméraire, de faire un long métrage au lieu du projet initial. À la bourse du Conseil des arts, chacun a ajouté environ 10 000 $ pour boucler le budget.

À l'instinct

Écrit par Alexandre Laferrière et Maxime Giroux, le scénario du film relevait davantage de l'esquisse et a été écrit très rapidement, confie Paul Barbeau. À la première lecture, ce dernier avoue avoir eu une légère hésitation. Y avait-il finalement matière à réaliser un long métrage ou allait-on dans la mauvaise direction? Une fois dans l'action, ses doutes se sont dissipés.

«Même si, sur le papier, ce n'était pas tout à fait clair, je savais qu'il y aurait de la poésie, quelque chose de magique dans le film, raconte le producteur. Maxime a tellement de talent! Je crois en lui. Sa vision cinématographique est très forte.»

Le budget de tournage était si restreint que l'équipe n'avait même pas de témoin vidéo sur le plateau pour avoir une idée des images (la direction photo est de Sara Mishara) mises en boîte. «Maxime se fiait constamment à ses instincts. Ça m'a beaucoup impressionné», ajoute Barbeau.

D'autres ont aussi été impressionnés. Téléfilm et la SODEC ont investi beaucoup d'argent (plus que le budget du tournage) en postproduction pour faire «gonfler» le film de 16 à 35 mm.

Locarno

Cette aide a été déterminante avant que le film ne prenne la route des festivals. Barbeau l'a soumis à plusieurs endroits et a attendu, espérant recevoir le signal d'un festival majeur. Ce signal est arrivé de Locarno en Suisse.

«La première mondiale d'un film est très importante, explique le producteur. Si on n'entre pas à Cannes, on espère entrer à Venise, Locarno, Berlin ou Sundance. Si on fait une belle première mondiale, les festivals s'enchaînent par la suite. On a besoin d'une bonne plate-forme. Les programmateurs se promènent dans les grands festivals et se passent le mot sur la qualité des films.»

En août à Locarno, Jo pour Jonathan a donc été joué en première mondiale dans une salle aux deux tiers remplie. Les applaudissements ont été nourris, assure Barbeau. Depuis, le film a été présenté à Reykjavik, Moncton, Varsovie, São Paulo... À Namur, Jo pour Jonathan en était à son huitième festival.

Au tour du FNC pour la première québécoise. Distribué par Métropole, le long métrage sortira en salle au Québec au début de 2011.

Paul Barbeau touche du bois. «Ce film-là est un petit miracle.»

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Jo pour Jonathan sera projeté au FNC demain à 19 h à l'eXcentris (salle Fellini) et dimanche à 15 h 30 au Cinéma Parallèle.




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