Malgré quelques difficultés de financement, les 15e Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) honoreront en grand le cinéma du réel du 7 au 18 novembre avec quelque 110 films en provenance de 38 pays.

Mis à jour le 25 oct. 2012
Éric Clément LA PRESSE

Charlotte Selb, la directrice de la programmation des RIDM, a présenté, hier, les coups de coeur des organisateurs. Ainsi, en ouverture du festival, l'essayiste canadien Peter Mettler présentera The End of Time, tandis qu'en clôture, les festivaliers auront droit à Journal de France, le dernier film de Raymond Depardon, réalisé avec sa conjointe Claudine Nougaret.

En compétition officielle internationale, il y a 14 longs métrages dont Leviathan, de Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel, sur la pêche industrielle, et Only The Young, d'Elizabeth Mims et Jason Tippet, «un conte lumineux sur l'adolescence frais, drôle et incontournable», a dit Charlotte Selb. La compétition propose aussi Comme si nous attrapions un cobra, d'Hala Alabdalla, sur la caricature politique en Égypte et en Syrie, et 74 (La reconstitution d'une lutte) de Raed et Rania Rafei, sur une révolte étudiante au Liban.

Sur la scène canadienne, on présentera L'État du monde, de Rodrigue Jean et Hubert Caron-Guy, The Fruit Hunters, un film de Yung Chang, pour nous inciter à ne pas toujours consommer les mêmes fruits (!), Pieces and Love All to Hell, de Dominic Gagnon, Sur le rivage du monde, de Sylvain L'Espérance, Le prix des mots, de Julien Fréchette, et Ma vie réelle de Magnus Isacsson, récemment mort.

Pour marquer leur 15e anniversaire, les RIDM ont aussi demandé à 15 personnalités de choisir leur documentaire favori: Philippe Falardeau, Gael García Bernal, Philip Glass, Patricio Guzmán, Gilles Jacob, Naomi Kawase, Kim Longinotto, Samira Makhmalbaf, Alanis Obomsawin, Laura Poitras, Lou Reed, Barbet Schroeder, Agnès Varda, Frederick Wiseman et Jia Zhang-ke ont ainsi choisi des classiques du documentaire comme L'homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov et Blow Job d'Andy Warhol ou des oeuvres récentes telles que La France qui se lève tôt d'Hugo Chesnard et Into the Abyss de Werner Herzog.

Deux projections événementielles seront organisées: la présentation, le 16 novembre, de Pour la suite du monde, de Michel Brault, Marcel Carrière et Pierre Perrault, et celle, le 11 novembre, d'un documentaire inédit monté par le regretté Chris Marker, Le regard du bourreau, qui témoigne de ce moment du procès du nazi Adolf Eichmann alors qu'on lui avait projeté le film d'Alain Resnais, Nuit et Brouillard. Certainement un moment fort du festival.

Un regard étranger

Parmi les courts et moyens métrages proposés, à noter Un été avec Anton, produit par les frères Dardenne et qui porte sur les camps militaires russes réservés à l'endoctrinement des enfants. La section Panorama présentera des documentaires qui ont eu du succès à l'étranger, notamment 5 Broken Cameras, sur la Cisjordanie occupée, Room 237, sur «les messages cachés» dans The Shining de Stanley Kubrick, et The Law in These Parts, un film qui a obtenu le prix du jury international à Sundance et Hot Docs et qui évoque le système de justice militaire appliqué depuis 40 ans par Israël dans les territoires occupés.

Enfin, pour les amoureux de musique, le RIDM présente Charles Bradley: Soul of America, un portrait du chanteur à la vocation tardive.

Pour plus de détails sur la programmation: www.ridm.qc.ca

.