Réalisé par le Finlandais Stobe Harju d'après un album-concept du groupe de punk symphonique Nightwish, le long métrage Imaginaerum a d'importantes racines québécoises.

Mis à jour le 3 août 2013
André Duchesne LA PRESSE

Tournée en bonne partie au Québec et mettant en vedette Marianne Farley, l'oeuvre a été produite par André Rouleau et sa compagnie Caramel Films. De nombreux techniciens et comédiens québécois (dont Stéphane Demers) sont au générique.

Film musical, fantastique et bourré d'effets spéciaux, Imaginaerum nous entraîne dans l'esprit torturé de Tom (Francis X. McCarthy), compositeur mourant qui a laissé peu de place à sa fille Gem (Marianne Farley) dans sa vie. Appelée au chevet de son père, Gem finira par le découvrir sous un angle tout neuf.

En entrevue, Marianne Farley nous parle de ce projet à la facture très particulière.

Q Pourquoi avoir accepté ce projet?

R Parce que j'ai été charmée, bouleversée par l'univers du réalisateur Stobe Harju. C'est la force de ses images qui m'a impressionnée le plus. Le scénario était non seulement unique, mais il était aussi d'une grande sensibilité.

Q Comment définir la relation entre Gem et son père?

R Elle est très complexe. C'est une relation qui a mal vieilli, si on peut dire. Gem a énormément de colère envers son père, mais également beaucoup d'amour refoulé. Elle lui en veut de ne pas avoir été capable d'être le père dont elle avait besoin.

Q Au-delà de l'histoire, de quoi parle le film, selon vous?

R Il y a certainement plusieurs thèmes dans le film: la vie, la mort, le vieillissement, la démence du personnage de mon père. Mais pour moi, le film est à propos du pardon. Il parle de faire la paix avec les gens qui nous sont chers, mais aussi avec notre passé.

Q Techniquement, comment se prépare-t-on à un tournage aussi singulier?

R Puisque mon personnage est dans la dimension "réelle" du film et non dans l'univers fantastique (mise à part la scène de cirque), je n'avais pas beaucoup de trucs techniques à tourner. Ce qui a été le plus amusant à faire fut la scène de cirque, car j'étais dans un monde fou, dans la tête de mon père. Gem était alors cruelle et lugubre, ce qui était vraiment extraordinaire à faire.

Q Que pensez-vous du style musical de Nightwish?

R Je ne connaissais pas du tout Nightwish avant de tourner le film, mais je dois avouer que je suis devenue une fan du groupe. La musique se marie tellement bien avec le film... et les membres du band sont des gens généreux, talentueux et vraiment simples. Je les ai vus deux fois en spectacle, pendant leur tournée à Montréal et à la première du film en Finlande.

Q Serez-vous à la première du film à Fantasia?

R Absolument! Je ne manquerais pas ça! J'espère que le film sera apprécié. J'adore le public du festival parce qu'il est ouvert et complètement maniaque de cinéma de tous genres.

»» Imaginaerum est présenté demain à 14h15 au Cinéma Impérial.

*****

Nos suggestions du week-end :

BERSERK GOLDEN AGE

Amateurs de manga, d'animation et de la série Game of Thrones, levez-vous tôt. Fantasia présente les tomes deux et trois de cette série culte de mangas adaptée au grand écran. Sombre, sanglant et, c'est le mot à la mode: épique!

Aujourd'hui au Cinéma Impérial, en rafale à 10h et midi

*

24 Exposures

Joe Swanberg peut revendiquer à lui seul la définition même de «cinéaste indépendant». Ce film raconte l'histoire tordue d'un photographe ayant une fixation sur les images de femmes nues... ou mortes. Attention, âmes sensibles!

Demain, salle J.A. de Sève, 19h15