La journaliste et documentariste Francine Pelletier nous revient au FNC avec un documentaire sur le... tango. Film très universel et doté d'une grande richesse, tant sur le plan des informations que des images, son film La revanche du tango nous fait découvrir la renaissance de cette danse typiquement argentine.

Mis à jour le 15 oct. 2012
André Duchesne LA PRESSE

Q : Comment en êtes-vous venue à faire un film sur le tango?

R : Par un heureux hasard. En 2006, au cours de vacances à Buenos Aires, je suis allée voir un spectacle en simple touriste. J'y ai découvert une bande de jeunes qui m'a complètement bouleversée. J'y ai vu matière à un film. Depuis quelques années, de nombreux jeunes se réapproprient le tango, tant d'un point de vue politique que culturel. En raison des coups d'État perpétrés en Argentine, l'art du tango a sauté quelques générations.

Q : En quoi le tango d'aujourd'hui se distingue de celui des décennies précédentes?

R : L'inspiration est à mon avis un peu différente. Il y a le tango romantique, historique, sentimental. Le tango qui se pratique aujourd'hui est en rupture avec la tradition. Il est le reflet de ce qui se passe dans cette société qui bouge beaucoup. Ceux qui le pratiquent respectent les bases de la danse, mais on y ressent le bruit de la rue, quelque chose de sale, de dur. Ce n'est pas un art léché.

Q : Les jeunes adhèrent-ils en masse au mouvement?

R : Dans les années 40-50, le tango était très répandu dans la population. Nous n'en sommes pas encore là. Ce n'est pas mainstream. Mais l'intérêt exprimé par les jeunes adeptes est indéniable. C'est en raison de leur volonté à remettre le tango au centre de la culture argentine qu'un festival du tango est né à Buenos Aires. Il y a 10 ans, ces jeunes auraient encore été perçus comme des marginaux finis.

Q : On connaît la Francine Pelletier féministe. Le tango n'est-il pas un sujet très masculin, voire macho?

R : C'est vrai qu'il y a une prédominance d'hommes (rires), mais on ne peut pas leur enlever qu'ils ont tout un talent! J'avais filmé une séquence où des femmes discutaient justement de leur place dans le tango, mais nous ne l'avons pas gardée au montage.

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Demain, 17h30, au Quartier Latin.