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The Death and Life of John F. Donovan : ni chef-d'oeuvre ni désastre

Xavier Dolan lors de la première de The... (PHOTO AP)

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Xavier Dolan lors de la première de The Death and Life of John H. Donovan, lundi, au Festival international du film de Toronto.

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(Toronto) Après une année d'attente, la toute première projection officielle de The Death and Life of John F. Donovan a enfin eu lieu. Le verdict? Le premier film anglophone de Xavier Dolan n'est pas son meilleur. Mais il n'est pas non plus le désastre appréhendé.

Quand l'histoire de la fabrication d'un film est au coeur de l'actualité depuis longtemps, comme l'a été celle de The Death and Life of John F. Donovan, il est bien difficile de le visionner avec un regard neutre. Les amputations sont de notoriété publique, tant sur le plan des personnages (la suppression du personnage de Jessica Chastain, bien sûr) que du scénario, coécrit avec Jacob Tierney. Les parties oniriques et historiques n'y sont plus.

Et puis, ce budget, énorme dans un contexte québécois, d'environ 36 millions. Ayant tourné assez de matériel pour faire trois films différents, Xavier Dolan a probablement dû se résigner à se concentrer sur un axe plus dépouillé, en sacrifiant bien des choses. À l'arrivée, la fluidité de ce film de 127 minutes, au très long générique de fin, en souffre.

D'entrée de jeu, on évoque ce jour de 2006 où le fameux John F. Donovan (Kit Harington), un acteur très populaire, est retrouvé mort. L'intrigue se transporte ensuite à Prague en 2017, alors qu'un acteur de 22 ans accorde un entretien à une journaliste habituellement rompue à des sujets plus «sérieux». Cette dernière (Thandie Newton), qui travaille encore avec une enregistreuse à cassettes, n'hésite d'ailleurs pas à afficher la réticence qu'elle éprouve à l'idée de se prêter à ce genre d'exercice, futile à ses yeux.

Ce jeune adulte est Rupert Turner (Ben Schnetzer). En 2006, la relation épistolaire très innocente qu'il a entretenue avec John F. Donovan pendant quelques années a été révélée et a fait scandale. Aux yeux des marchands de potins, cette relation à distance entre une star hollywoodienne dans la force de l'âge et un garçon londonien de 11 ans (Jacob Tremblay) ne pouvait être autre chose qu'une relation potentielle entre un prédateur pédophile et une jeune proie.

Sans morceaux de bravoure

Les narrations hors champ de Rupert, modulées sur deux époques, rappellent la structure déjà empruntée dans Laurence Anyways. Mais il n'y aura pas de fulgurances ici, ni de morceaux de bravoure sur le plan de la mise en scène. C'est un peu comme si Dolan s'était retenu pour tenter cette fois d'offrir un film plus classique, plus consensuel. Le revers de cette approche est qu'il y manque ce «oumf» qui, habituellement, fait en sorte que les films de Dolan remportent l'adhésion, malgré leurs imperfections. Du coup, le spectateur est tenu à distance d'une histoire où l'émotion se fait plus rare.

Avec une distribution aussi imposante, à la hauteur de l'ambition de départ, le cinéaste québécois semble avoir eu du mal à trouver la façon de bien recentrer son récit. Natalie Portman (la mère de Rupert) et Jacob Tremblay se taillent ici la meilleure part du gâteau, mais Susan Sarandon, qui a hérité du personnage le plus «dolanien» du lot (elle incarne la mère de John), et Kathy Bates, qui joue l'agente de la vedette, ont finalement peu l'occasion de se faire vraiment valoir, probablement victimes de gros coups de ciseaux. Le vétéran Michael Gambon a droit à une seule scène, un peu étrange tant elle survient de façon inopinée.

Une réflexion intéressante

Au-delà de ces écueils, Xavier Dolan propose quand même une réflexion intéressante sur la célébrité, tout en faisant écho, à travers le personnage de Rupert, au fan obsessif qu'il était lui-même dans son enfance. Fidèle à son habitude, le cinéaste a aussi mis beaucoup de pièces musicales, du tube d'Adele Rolling in the Deep, qui accompagne le générique d'ouverture, jusqu'à Bittersweet Symphony, de The Verve, qui clôt le film. On retiendra notamment une scène où Sam Turner (Natalie Portman) tente de se faire pardonner auprès de son fils au son de Stand by Me.

Tel qu'il est, le film se laisse bien regarder, mais on en ressort quand même avec le sentiment que la «vraie» version de ce film, dont la durée était beaucoup plus longue lors du premier montage, existe quelque part et qu'elle attend seulement d'être révélée au grand jour.

Rappelons que la date de sortie de The Death and Life of John F. Donovan, dont le titre français est Ma vie avec John F. Donovan, n'est toujours pas fixée. Tout dépendra sans doute des retombées qu'aura cette projection au TIFF au cours des prochains jours, et de son éventuelle acquisition par un distributeur américain.




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