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À qui la Palme?

Si l'on se fie à la couverture médiatique... (PHOTO ASSOCIATED PRESS)

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Si l'on se fie à la couverture médiatique qu'il a obtenue dans la presse dite «de référence», il est clair que le nouveau long métrage de Xavier Dolan a marqué les esprits depuis sa toute première présentation aux journalistes mercredi soir.

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(Cannes) Il sera 13 h au Québec lorsque Lambert Wilson s'amènera sur la scène du Théâtre Lumière pour présenter la cérémonie du palmarès du 67e Festival de Cannes. C'est dire que dans quelques heures à peine, nous saurons enfin à qui le jury, présidé par Jane Campion, attribuera la Palme d'or, la plus haute distinction qui soit dans le monde du cinéma international.

Évidemment, tous nos regards se tourneront vers Mommy. Le film de Xavier Dolan, pressenti pour figurer au palmarès, aurait en effet de bonnes chances d'obtenir le laurier suprême. Si l'on se fie à la couverture médiatique qu'il a obtenue dans la presse dite «de référence», il est clair que le nouveau long métrage du cinéaste québécois a marqué les esprits depuis sa toute première présentation aux journalistes mercredi soir. La projection officielle, qui a eu lieu le lendemain, a été marquée par une ovation, longue de 13 minutes.

Est-ce à dire que c'est dans la poche pour le coloré wonder boy? Pas du tout. Au jeu des pronostics, il convient de rester très prudent. Nul ne sait dans quelle direction ira le jury, composé de neuf personnes. Un palmarès est parfois affaire de compromissions, de négociations, de discussions. Un juré attribuerait la Palme à un film qu'un autre juré déteste? On s'entendra alors pour faire passer un autre titre, plus consensuel. Et ainsi de suite pour les six autres prix. Le but est d'aboutir à un palmarès avec lequel peuvent vivre tous les membres du jury.

>>> À lire sur le blogue de Marc-André Lussier: Cannes: les jeux sont faits, retour sur la compétition

Prévision impossible

Parfois, ceux qu'on assure d'un prix repartent bredouilles. À l'opposé, des titres que personne n'attend se retrouvent au tableau d'honneur. Il y a quelques années, le superbe film d'Ari Folman Valse avec Bachir figurait bien haut dans tous les pronostics. Pas la moindre babiole à l'arrivée. Cannes c'est aussi ça. On ne jongle, pas ici avec les humeurs d'une académie mais plutôt avec celles de neuf personnes avec, chacune, leurs références culturelles, politiques, esthétiques. Si un ou deux jurés ont pris Mommy en grippe, oubliez alors les espoirs de Palme.

En revanche, nul besoin d'être le préféré de tous les jurés pour obtenir le plus grand honneur. S'ils aiment bien tous un même long métrage, peu importe s'ils ont individuellement des coups de coeur non partagés, c'est celui-là, plus consensuel, qui sera alors élu.

Dans les heures qui précéderont l'annonce, des rumeurs seront évidemment lancées sur les réseaux sociaux par des gens qui savent toujours tout «de source sûre». Foutaises. À part la direction du festival et celle des gens impliqués dans le processus de délibération, personne ne sait rien. Seuls indices? La présence des équipes sur le tapis rouge. Si, par exemple, le cinéaste Abderrhamane Sissako, dont le très beau Timbuktu a été présenté tout au début, se pointe aujourd'hui, on saura que son film sera fort probablement primé. Ne restera plus qu'à découvrir à quel échelon le jury l'a placé.

Des noms circulent...

Les titres et les noms qui circulent davantage dans les conversations tournent habituellement autour des mêmes quatre ou cinq films. L'avantage qu'a Mommy sur les autres candidats est d'avoir su créer une onde de choc dans une compétition de belle tenue, mais jusque-là quand même prévisible.

Du côté des anciens lauréats de la Palme d'or, seuls les frères Dardenne pourraient répéter l'exploit grâce à Deux jours, une nuit. Cela dit, le film se situe dans la parfaite continuité de leur cinéma. Le jury n'aura peut-être pas envie de marquer l'histoire du Festival de Cannes en attribuant une troisième Palme d'or aux frangins belges. Marion Cotillard est toutefois une candidate très sérieuse au prix d'interprétation féminine, tout comme, du reste, Anne Dorval (Mommy).

Mike Leigh a aussi offert un film très solide, Mr. Turner. On voit cependant mal comment cette oeuvre teintée d'académisme pourrait se rendre jusqu'au bout. En revanche, l'interprète du peintre, Timothy Spall, pourrait très bien obtenir le prix d'interprétation masculine. Quant au vétéran Ken Loach, son Jimmy's Hall n'est pas du meilleur cru.

De son côté, Nuri Bilge Ceylan pourrait fort bien obtenir les faveurs du jury grâce à Winter Sleep, un récit d'inspiration tchékhovienne qui évoque aussi les Scènes de la vie conjugale de Bergman. Le cinéaste turc, habitué du palmarès cannois, n'a encore jamais obtenu le plus précieux laurier.

Timbuktu, qui raconte la vie quotidienne dans un village envahi par des extrémistes islamistes, pourrait sans doute prétendre à un prix. Et peut-être même davantage si le jury décide de se mettre sur le mode politique. D'autant plus que la situation dans certains pays africains est pour le moins explosive.

Un bon dernier candidat

Hier s'est invité au bal un autre sérieux candidat. Leviathan, nouvelle offrande d'Andreï Zviaguintsev (Le retour), a en effet marqué des points. Proposant son film le plus accessible à ce jour, le cinéaste russe fait cette fois dans la satire avec une histoire où tous les fils de la corruption étatique s'entremêlent. C'est parfois très drôle. Et souvent ponctué d'images d'une beauté saisissante. Une place au palmarès lui est sans doute réservée.

Relatos Salvajes (Les nouveaux sauvages), le film le plus marrant de la sélection, pourrait bien valoir au réalisateur argentin Damián Szifron le prix du meilleur scénario.

Des films comme Maps to the Stars (David Cronenberg), Foxcatcher (Bennett Miller) et Saint Laurent (Bertrand Bonello) pourraient aussi être honorés, surtout dans les catégories d'interprétation. Julianne Moore, Steve Carrell et Gaspard Ulliel on en effet livré de solides performances.

Sils Maria, le film présenté à la toute fin de la compétition, ne devrait pas venir brouiller les cartes. Du moins, en principe. Le nouveau long métrage d'Olivier Assayas, construit comme un jeu de miroirs pour une actrice qui atteint un âge plus mûr, relève du cliché. Malgré les présences de Juliette Binoche et de Kristen Stewart, le réalisateur de l'excellent Carlos accouche ici d'un euro pouding bancal.

Alors, à qui la Palme? Réponse aujourd'hui.

>>> Pour voir la cérémonie du palmarès en direct sur Canal Plus Canada, samedi à 13h (heure du Québec).




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