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Tommy Lee Jones et les vertus du western féministe

Accompagné de sa femme Dawn Laurel-Jones (à sa... (PHOTO REGIS DUVIGNAU, REUTERS)

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Accompagné de sa femme Dawn Laurel-Jones (à sa gauche), Tommy Lee Jones (au centre) est venu présenter un film féministe.

PHOTO REGIS DUVIGNAU, REUTERS

Marc-André Lussier

Envoyé spécial

La Presse

(Cannes) Tommy Lee Jones n'en est qu'à son deuxième long métrage de cinéma à titre de réalisateur, mais il a déjà un passif enviable au Festival de Cannes. En 2005, The Three Burials of Melquiades Estrada, dont il signait la réalisation, lui a valu le prix d'interprétation masculine de même que le prix du scénario.

Neuf ans plus tard, le voici de retour sur la Croisette grâce à The Homesman, une adaptation cinématographique d'un roman de Glendon Swarthout. De facture classique, ce western a été fort bien accueilli par les festivaliers, dimanche, d'autant que le récit s'attarde essentiellement à des personnages féminins. Dans les films du genre, ce parti pris quasi féministe est plutôt inhabituel. Et se révèle ici fort intéressant.

«Je cherche l'originalité, c'est cela qui prime. Lorsqu'on trouve, on n'hésite pas un instant. Là, on a eu la chance de trouver quelque chose de très original.»

Tommy Lee Jones

Ironie du sort, ce long métrage, qui plonge en plein coeur du mythe fondateur de l'Amérique, a dû faire appel à une société de production française, EuropaCorp, pour voir le jour.

Le producteur Michael Fitzgerald, qui a amorcé le projet et l'a proposé à Tommy Lee Jones en faisant d'abord lire à ce dernier le roman de Swarthout, n'aurait pu être plus clair à cet égard.

«Sans Luc Besson, nous ne serions pas ici aujourd'hui», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse tenue dimanche.

LUC BESSON À LA RESCOUSSE

De son côté, le réalisateur du Grand Bleu, qui agit ici à titre de producteur, a vu dans ce projet une occasion de se frotter à un univers qui lui est étranger.

«Ce film montre une vision des États-Unis qu'on ne connaît pas en Europe, a-t-il déclaré. Pour nous, c'est même une vision très exotique. Comme un film de Kurosawa. On connaît le rêve américain, mais c'est bien de voir quelle était la réalité avant ce rêve.»

Pour les femmes issues de l'époque victorienne qui se sont retrouvées dans l'environnement sauvage de la conquête de l'Ouest américain, la réalité était particulièrement difficile à supporter. Pauvreté extrême, violence, taux de mortalité infantile extrêmement élevé, bref, certaines d'entre elles, dont le tracé de vie devait être tout autre, en perdaient même la raison.

Dans The Homesman, dont l'intrigue est campée dans les territoires du Nebraska en 1854, trois d'entre elles sont confiées à Mary Bee Cuddy (Hilary Swank), une pionnière forte et indépendante qui, à 31 ans, voudrait quand même trouver un mari d'«utilité». Cette femme seule, qui entreprend d'aller conduire les trois malheureuses dans un refuge situé dans l'Iowa - à cinq semaines de route -, rencontrera en chemin un rustre vagabond au passé opaque (Tommy Lee Jones), qui pourra l'aider à faire face aux multiples dangers qui sévissent dans ces vastes étendues.

Tommy Lee Jones aurait sans doute pu approfondir davantage les thèmes que sous-tend cette histoire, mais il propose ici un film de très belle tenue. Non dénué d'humour, malgré la gravité de la situation, le film est visuellement splendide et assume à fond l'héritage d'un genre profondément ancré dans l'histoire du cinéma américain.

«Nous avons lu beaucoup de livres, dont un en particulier sur la folie, notamment chez les femmes au XIXe siècle, a expliqué le cinéaste qui, en plus de tenir un rôle important dans son film, a aussi coécrit le scénario. On a appris comment traiter ces différentes pathologies. On pensait, à l'époque, que pour guérir la schizophrénie, il fallait plonger les gens dans l'eau glacée pendant huit heures. Nous nous sommes aussi beaucoup inspirés de photographies pour recréer l'époque le plus fidèlement possible.

«L'une des raisons qui m'ont incité à adapter ce livre, poursuit-il, c'est qu'on peut lire le présent en regardant ce passé. En particulier à propos du sort des femmes dans la société.»

UN DÉFI INATTENDU

Pour Hilary Swank, une actrice remarquable en délicatesse de grands rôles depuis quelques années, ce tournage a été l'occasion d'une rencontre artistique importante.

«On sait tous à quel point Tommy Lee Jones est un acteur extraordinaire, mais il l'est aussi dans sa façon de s'impliquer dans ses réalisations, a-t-elle dit. Sa grande expérience à titre d'acteur fait en sorte qu'il arrive à nous diriger de façon très précise en utilisant quelques mots à peine.»

«Honnêtement, j'ai vécu avec lui l'une de mes plus belles expériences de tournage, même si les éléments n'étaient pas toujours faciles à affronter.»

Hilary Swank

Le tournage de The Homesman a en effet été marqué par des épisodes neigeux, des vagues de froid et du temps très venteux.

«Je n'aurais pas pu penser que ces intempéries puissent constituer l'aspect le plus difficile de ce tournage, commente l'actrice. Pourtant, si. Plus que de monter à cheval. Mais le personnage est tellement riche et le scénario tellement bien écrit que dans un cas comme celui-là, tu souhaites simplement être à la hauteur et ne rien gâcher!»

«Quand j'ai rencontré Hilary, a pour sa part révélé Tommy Lee Jones, j'ai compris au bout de cinq secondes qu'elle était parfaite pour le rôle. Ç'a été un véritable soulagement. Et en plus, elle vient elle-même du Nebraska!»

The Homesman a pris l'affiche en salle dimanche en France. Aucune date de sortie n'est encore fixée pour le territoire nord-américain.




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