Lorsque la cinéaste suisse Sophie Huber demande au comédien Harry Dean Stanton de parler de son enfance, un ange passe.

ANDRÉ DUCHESNE LA PRESSE

L'acteur ne veut pas s'attarder à la question. Avec lui, un questionnaire de Proust est un moment inconfortable.

Qu'à cela ne tienne, le documentaire de Mme Huber consacré à ce comédien, dont le plus grand fait marquant est d'avoir presque toujours joué des seconds rôles, constitue un moment de nostalgie unique.

Grâce à des témoignages d'autres réalisateurs, des bouts de film et quelques bribes de renseignement arrachés à Stanton, Mme Huber trace un portrait empreint de tendresse de son sujet.

Peu porté sur les mots, ce dernier se réfugie dans le chant et l'harmonica, nous donnant un concert intime qui compose presque la moitié du film.

Durant ces moments de grâce, l'usage judicieux du noir et blanc met en lumière les traits de son visage buriné.

Aujourd'hui à 19 h à l'Excentris (salle Cassavetes).