Il ne faut pas juste voir Félix et le trésor de Morgäa. Il faut aussi l’entendre.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Prêtez bien l’oreille durant le visionnement. Imprégnez-vous de la musique accompagnant chaque séquence, chaque montée en puissance, chaque rebondissement. Entendez-vous l’orchestre symphonique qui se déchaîne ? C’est l’œuvre d’un seul homme : Gilles Léveillé.

Au bout du fil, l’enthousiasme de ce musicien, arrangeur, orchestrateur de longue date est à la mesure de la trame sonore livrée avec ce film d’animation. Débordant. Explosif. Festif.

M. Léveillé a fait la musique du film dans son studio de Québec (Studio Global) en puisant chaque note dans ses immenses banques de sons. Mais attention à la simplification, nous avertit-il.

Chaque note que vous entendez sur la bande sonore est jouée, pensée, articulée et réfléchie. Ce n’est pas de la programmation. C’est articulé de manière très artistique.

Gilles Léveillé

En somme, ce qu’on entend est l’équivalent d’un orchestre de 75 musiciens. Mais c’est un orchestre virtuel ! Le spectateur fera ici le constat d’une trame sonore faite de grandes envolées symphoniques dignes des sonorités de films américains grand public. C’était cela la commande, dit Gilles Léveillé.

« Nicola [Lemay, le réalisateur] voulait une trame à caractère orchestral, dit-il. En lisant le scénario, j’ai fait le constat que l’histoire est digne d’un film d’aventure avec des jeunes, quelques bagarres, des poursuites, une histoire d’amour, etc. C’était comme un petit Indiana Jones. Je me suis donc lancé dans la composition d’une trame très épique, avec des envolées romantiques sur les thèmes émotifs. »

M. Léveillé est particulièrement fier des dernières minutes du film, où il a eu le champ libre avec la finale se fondant dans le générique. La musique de sortie a fait des rappels de tous les moments clés de l’histoire. « Je ne me suis pas retenu. C’était la totale ! »

Tout ce travail a été fait en deux semaines. « J’ai conçu les thèmes principaux il y a une couple d’années, après quoi, j’ai fait la musique sans arrêt, du matin jusqu’au soir, dit le compositeur. Je demande toujours qu’on me donne un film dont la création est rendue la plus loin possible et je fais la musique d’un coup sec, en rafale. Modestement, je dirais que je compose très vite avec mon expertise tant au niveau de la musique que de mon équipement. »