Pour la première fois de sa carrière, Dave Bautista est impliqué dans le processus créatif d’un film du début à la fin. Pour sa première véritable expérience à titre de producteur, celui qui est aussi de la distribution de Dune (Denis Villeneuve) a choisi My Spy (Mon espion), une comédie destinée à toute la famille dans laquelle sa plus redoutable adversaire est une fillette de 9 ans. Entretien.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

La Presse : My Spy constitue pour vous une expérience différente, dans la mesure où, cette fois, on a fait appel à vous pour concevoir un projet dans lequel vous seriez la tête d’affiche. On vous aurait imaginé davantage proposer un film d’action pur et dur plutôt qu’une comédie destinée principalement à un jeune public, non ?

Dave Bautista : Je suis ravi d’arriver là où l’on ne m’attend pas. J’avais depuis longtemps envie de faire une franche comédie comme celle-là. Je souhaite que ma carrière soit polyvalente et diversifier les rôles le plus possible. Cette fois, ça me tentait aussi d’aller du côté d’un film destiné à toute la famille, particulièrement vers les enfants, parce que je ne l’avais jamais fait auparavant. Il est vrai que je m’en suis un peu déjà rapproché grâce à l’univers Marvel, mais ce n’est quand même pas tout à fait la même chose.

LP : Peut-on dire que ce désir vient d’une volonté d’explorer toutes les facettes de votre talent d’acteur ?

DB : Je ne pourrais pas affirmer être un acteur accompli, mais j’apprends toujours. Chaque projet, je crois, me rend meilleur. J’ai 51 ans et j’ai l’impression de m’améliorer, c’est quand même formidable ! J’ai aussi l’impression qu’être acteur, c’est le travail de toute une vie.

PHOTO JACK PLUNKETT, ASSOCIATED PRESS

Dave Bautista

J’aime l’idée qu’on ne puisse jamais arriver au bout, qu’il restera toujours des choses à découvrir. Mon but, maintenant, est de travailler avec des gens de qui je peux apprendre, qu’ils soient partenaires de jeu, cinéastes ou producteurs. J’aime à penser que j’aurai toujours la même soif de vivre, grâce à mon métier. J’espère me lever tous les matins avec la même soif d’apprendre, la même soif de découvrir. Et l’envie de vivre une vie qui vaut pleinement la peine d’être vécue.

LP : À l’époque où vous étiez une superstar de la World Wrestling Entertainment, auriez-vous pu imaginer la carrière que vous menez aujourd’hui en tant qu’acteur ?

DB : Jamais de la vie ! Le plus étrange, c’est qu’à l’époque où j’étais lutteur, je n’avais aucun intérêt pour le jeu. La lutte était toute ma vie. Ce n’est que lors de ma toute dernière année dans la WWE que l’envie de jouer est venue. Mais je n’étais pas très bon. Je m’en suis rendu compte à cause du film Wrong Side of Town. C’est là que j’ai réalisé à quel point j’étais un mauvais acteur. Dès lors, j’ai voulu m’améliorer, mais comme la WWE ne m’offrait rien de ce côté, j’ai dû quitter la lutte. Je ne me trouvais pas bon, mais je sentais qu’il y avait quand même en moi une vraie volonté de travailler pour, peut-être, devenir meilleur. Quitte à le prouver seulement à moi-même.

LP : Quel est le plus grand défi auquel vous avez eu à faire face en produisant My Spy ?

DB : D’être impliqué de A à Z dans le projet et de prendre des décisions. J’ai eu mon mot à dire pour l’embauche de tout le monde. Peter Segal est le seul réalisateur à qui nous avons parlé parce que nous étions tout de suite sur la même longueur d’onde. Je l’aime aussi beaucoup sur le plan personnel. Il est important de travailler avec des gens avec qui tu t’entends bien. Si tu n’es pas d’accord sur quelque chose, c’est beaucoup plus facile de discuter !

PHOTO FOURNIE PAR ENTRACT FILMS

Chloe Coleman et Dave Bautista, dans une scène de My Spy

Mais là, je ne pouvais pas seulement arriver sur le plateau, jouer ma scène et partir ensuite. Je ne voudrais pas produire tous les films dans lesquels je joue non plus. Je ne pourrais pas produire un projet énorme comme Dune, par exemple, où, de toute façon, je ne pourrais pas faire autre chose que l’acteur. Et c’est très bien comme ça. C’est tellement gros que je suis heureux d’être seulement un acteur qu’on embauche là-dessus. J’aime tellement travailler avec Denis !

LP : Justement, parlons un peu de Denis Villeneuve, avec qui vous avez déjà travaillé sur Blade Runner 2049, et de son film Dune, qui sera assurément un grand évènement à la toute fin de l’année. Que pouvez-vous nous dire ?

DB : Dune est l’une de ces autres expériences qui m’ont permis d’apprendre. Denis est le réalisateur le plus précis avec lequel j’ai eu l’occasion de travailler. En même temps, il est le plus généreux. C’est un charme de travailler avec lui. Le respect qu’il impose, vous n’avez pas idée. Surtout, Denis a une vision. Tous les acteurs l’adorent, l’équipe technique aussi, et tout le monde met l’épaule à la roue pour lui donner ce qu’il cherche afin que ça corresponde à la vision très précise qu’il a dans sa tête. J’ai eu un petit rôle dans Blade Runner 2049, mais on m’en a beaucoup parlé. Et ça, c’est grâce à Denis. Je me souviens m’être d’abord présenté en jouant le rôle d’une certaine façon, mais ça ne correspondait pas du tout à la vision que Denis avait du personnage. J’ai suivi ses indications et c’était tellement ça ! Il fait plusieurs prises, commente toujours beaucoup en apportant les ajustements nécessaires, même les plus infimes. J’adore sa méthode. On se sent totalement en confiance.

LP : Et qu’en est-il de Guardians of the Galaxy Vol. 3 ?

DB : Je n’ai le droit de rien dire ! [rires] Mais le même réalisateur [James Gunn] est aux commandes et j’en suis ravi. À part ça, il faudra patienter !

My Spy (Mon espion en version française) est présentement à l’affiche.