La scénariste Marie Vien a deux filles adoptives, Anne, née en Chine, et Catou, originaire du Viêtnam. C’est à la suite d’un pèlerinage dans le pays d’origine de son aînée que lui est venue l’idée du film 14 jours, 12 nuits. Une belle histoire qu’elle nous a racontée.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Lorsque son aînée Anne a célébré ses 18 ans, Marie Vien l’a emmenée en Chine, le pays où elle a vu le jour. Ce voyage en forme de pèlerinage a constitué un choc pour elles.

« Nous n’étions pas dans le même état d’esprit », se rappelle Mme Vien, qui a écrit le scénario du long métrage de Jean-Philippe Duval, en salle dès ce vendredi. « Pour Anne, ce fut la fin d’un chapitre et, pour moi, le début d’un autre. Pendant plusieurs mois, je me suis mise à penser à ces mères biologiques qui avaient mis mes filles au monde. »

D’une réflexion à une autre, Marie Vien a eu envie d’écrire l’histoire d’une adoption. Son idée de base était de créer une rencontre entre une mère biologique et une mère adoptive. Mais avant de passer à l’acte, elle a consulté ses deux filles afin d’avoir leur approbation.

Or, une fois au travail, Mme Vien s’est demandé comment pouvait survenir une telle rencontre entre les deux mères d’une même enfant. La réponse l’a heurtée. C’était la mort de l’enfant.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Marie Vien, scénariste du film 14 jours, 12 nuits

Je me souviens très bien d’avoir dessiné un triangle avec les mamans aux extrémités et l’enfant au sommet. J’ai constaté que la seule manière pour que les deux mères se rencontrent était que l’enfant disparaisse. J’ai hésité parce qu’on était rendues ailleurs.

Marie Vien

Qu’a-t-elle fait ? Elle a demandé une nouvelle approbation à ses filles. Qui ont dit oui. Le tout s’est enchaîné.

Cela dit, Marie Vien insiste sur une chose : l’histoire de 14 jours, 12 nuits n’est pas la sienne, ni celle de ses deux filles, à qui le film est dédié en générique d’ouverture. Mais derrière la pellicule, c’est très certainement une histoire d’amour.

Il y a néanmoins plusieurs symboles forts dans son film. Des choix scénaristiques basés sur la logique et des détails historiques importants. Par exemple, Thuy (Leanna Chea), la mère biologique de la fillette qu’adoptera Isabelle (Anne Dorval), est elle-même orpheline, ses parents ayant péri dans les bombardements américains survenus dans la région d’Hanoï en décembre 1972.

Pas étonnant, dans ce contexte, que Thuy peigne des êtres sans visage, des gens qu’elle n’a jamais connus.

Ce n’est pas non plus fortuit que le personnage d’Isabelle soit océanographe et vive au Bic. « Je voulais que le fleuve soit le symbole de la maternité. Et que l’eau soit le symbole de la fertilité », résume Marie Vien.

Une comédie dramatique en politique

Par le passé, Marie Vien a écrit le scénario du film La passion d’Augustine, réalisé par Léa Pool. Elle caresse aussi un projet de long métrage, en recherche de financement. Celui-ci s’intitule Je suis Arlette et se veut une comédie dramatique campée dans le monde politique.

« C’est l’histoire d’un premier ministre qui va approcher une jeune femme, Arlette St-Amour, pour rajeunir l’image du gouvernement, résume Marie Vien. Il ira jusqu’à la nommer ministre de la Culture. Et rapidement, elle va se pogner avec le ministre des Finances. »

Mariloup Wolfe est pressentie pour réaliser ce film qui sera produit par Caramel Films.

Le film 14 jours, 12 nuits est à l’affiche.