(Pasadena, Californie) Deux semaines avant la sortie de Star Wars : The Rise of Skywalker, neuvième et ultime opus de la populaire saga interstellaire, le réalisateur J.J. Abrams et plusieurs artisans du film ont rencontré les médias. Sans révéler de détails sur le scénario, M. Abrams s’est attardé sur le sens à donner à l’ensemble de la série.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Derrière les batailles de vaisseaux spatiaux, les combats épiques aux sabres lasers, les effets spéciaux, les personnages bigarrés, les costumes extravagants et la bande sonore reconnaissable à des années-lumière, Star Wars est une histoire bien simple. Celle de l’espoir et du vivre-ensemble.

C’est ainsi que J.J. Abrams, qui est revenu dans la chaise du réalisateur pour The Rise of Skywalker — il avait redémarré la franchise en 2015 avec The Force Awakens —, a résumé sa propre lecture de cette saga amorcée dans les années 70 par George Lucas.

« Nous vivons dans un monde fou. Nous vivons dans une époque folle. Et Star Wars, à mon avis, parle d’espoir, a-t-il lancé au terme d’une conférence de presse donnée le 4 décembre à Pasadena et à laquelle La Presse a assisté. Cette histoire parle aussi de communauté, des négligés [underdogs], de réunir différentes personnes issues de différents endroits au sein de ce qui constituera votre vraie famille. »

PHOTO MARIO ANZUONI, REUTERS

J.J. Abrams

Inspiré, Abrams a poursuivi dans la même veine. « Ce film est un gigantesque spectacle pour lequel les artisans de tous les secteurs sont allés au-delà des attentes, a-t-il lancé, entouré d’une douzaine des principaux comédiens, du coscénariste Chris Terrio et de la productrice Kathleen Kennedy. Mais ce qui compte le plus, ce sont les gens assis ici et ce que vous verrez dans les yeux comme dans le cœur des personnages qu’ils incarnent. »

Rendu là, le réalisateur aurait aussi bien pu ajouter « Que la Force soit avec toi ! » sans que personne en soit surpris tellement la célèbre maxime serait tombée à propos. Mais non, Abrams s’est retenu d’aller dans cette direction.

Animée par la réalisatrice Ava DuVernay, la rencontre réunissait Daisy Ridley (Rey), Adam Driver (Kylo Ren), Oscar Isaac (Poe Dameron), Kelly Marie Tran (Rose Tico), John Boyega (Finn), Keri Russell (Zorii Bliss), Billy Dee Williams (Lando Calrissian), Joonas Suotamo (Chewbacca), Anthony Daniels (C-3 PO) et quelques autres.

PHOTO MARIO ANZUONI, REUTERS

Oscar Isaac (Poe Dameron) et Keri Russell (Zorii Bliss)

Tout comme Abrams, les comédiens marchaient sur des œufs et ont laissé échapper de façon homéopathique quelques commentaires sur le scénario. On a ainsi pu comprendre que plusieurs personnages de la Résistance vont se regrouper pour continuer leur éternelle lutte contre le Premier Ordre au lieu de se battre chacun de leur côté.

« Contrairement au film précédent [The Last Jedi de Rian Johnson], nous aurons ici un groupe d’acteurs qui travaillent ensemble », note J.J. Abrams qui, avec George Lucas, est le seul réalisateur à avoir signé au moins deux des neuf épisodes.

Oscar Isaac s’est réjoui de ce regroupement. Estimant que son personnage de Poe « cherchait sa place dans l’histoire », il s’est dit heureux de « sortir de [sa] petite boîte dans l’espace » (lire son vaisseau X-Wing) et d’interagir avec ses camarades de la Résistance. « J.J. voulait un peu salir mon image de pilote grinçant [squeaky fly boy] depuis un moment et cela permet de révéler une autre facette de ma personnalité », lance le comédien, visiblement ravi.

PHOTO MARIO ANZUONI, REUTERS

Daisy Ridley (Rey)

Actrice centrale de la troisième trilogie, Daisy Ridley a de son côté indiqué que le travail sur ce nouveau film avait été moins exigeant, physiquement, que sur The Last Jedi, mais il a été drainant sur le plan des émotions.

Elle a adhéré aux propos de J.J. Abrams sur l’espoir. « Beaucoup de gens s’opposent aux forces du bien, dit-elle. Les personnages de ce film ne sont pas réels, mais ce qu’ils font ici est périlleux. Alors, le fait que nous sommes en mesure de représenter ne serait-ce qu’une infinie partie de ce qui se passe dans ce monde fou est très spécial. »

Nouveaux personnages 

Même si la saga arrive à sa grande finale, le film compte deux nouveaux personnages, soit Zorii Bliss (Keri Russell), un intrigant être masqué dont on ne connaît même pas l’allégeance pour l’instant, et Jannah (Naomi Acquie), jeune femme énergique et dégourdie se déplaçant sur le dos d’un Orbak, animal proche parent du cheval.

En conférence de presse, J.J. Abrams s’est bien payé la tête de Keri Russell, une amie qu’il a dirigée sur la série télé Felicity et dans Mission : Impossible III, en révélant que cette dernière a refusé d’enlever son masque au cours de ses deux premiers jours de tournage.

« Keri était Zorii et je n’ai jamais vu son visage, a lancé J.J. Abrams à un auditoire hilare. Elle aurait pu le retirer entre les prises ou durant les pauses, mais non ! Je l’ai vue sortir du plateau avec son masque sur la tête. À un moment, en la croisant, je lui ai demandé : “Hé ! Veux-tu enlever ton masque ?” Et sa réponse a été : non ! Même chose le lendemain. »

« Oui, c’est ça, a enchaîné Keri Russell. Tu m’as dit : pourrais-tu enlever ton masque, ça m’épouvante ! »

Abrams est très conscient de la pression qui vient avec cette finale. Elle est bien différente, dit-il, de ce qu’il a ressenti comme réalisateur de The Force Awakens

« Au début de The Force Awakens, on ne savait pas ce que les acteurs principaux nous donneraient à l’écran. Au premier jour du tournage de The Rise of Skywalker, nous les connaissions. Ce que nous ne savions pas, c’était tout le reste. Parce que nous mettions fin non seulement à une trilogie, mais à un ensemble de neuf films. La responsabilité y étant associée était significative. En plus, le film est une très grosse production. Tout cela n’aurait pas marché sans une grande chimie dans l’équipe. »

En salle le 19 décembre.

Les frais de ce reportage ont été payés par les studios Disney.