Nouvellement quinquagénaire, Jennifer Lopez relate son parcours, alors qu’elle s’apprête à assurer le spectacle du 54e Super Bowl avec Shakira, et qu’elle espère obtenir une nomination aux Oscars pour Hustlers.

Publié le 17 juin
Marc-André Lemieux
Marc-André Lemieux La Presse

Le documentaire sur Jennifer Lopez, Halftime, porte bien son nom. Primo, parce qu’il montre l’artiste souffler ses 50 bougies et clamer qu’elle n’a pas fini d’avancer. Deuxio, parce qu’il s’articule autour du spectacle qu’elle a donné au Super Bowl en 2020. Et tertio, parce qu’il passe beaucoup, beaucoup de temps (presque la moitié) sur Hustlers, son long métrage de 2019 boudé aux Oscars, un sujet qui, trois ans plus tard, n’intéresse plus grand monde.

En entrevue devant l’objectif d’Amanda Micheli (Vegas Baby) au cours des 10 premières minutes du documentaire, l’actrice, chanteuse, productrice et femme d’affaires déclare qu’elle veut dorénavant « faire des films divertissants », mais « porteurs d’un message ».

Étonnamment, Halftime remplit ces deux promesses.

On s’avoue surpris, parce qu’on était loin d’anticiper un documentaire aussi engagé provenant de « Jenny from the block ».

L’icône du Bronx l’avoue elle-même d’entrée de jeu : elle n’a jamais été politisée. Mais quand la Ligue nationale de football l’a contactée pour qu’elle assure — avec Shakira – la portion musicale du 54e Super Bowl, se taire était impensable. Après tout, on était en plein cœur de l’ère Donald Trump, un président américain qui répandait une rhétorique raciste anti-hispanophone.

Halftime montre bien comment l’étoile d’origine portoricaine a voulu profiter du concert pour « dire quelque chose de plus », en mettant notamment en scène des enfants dans des cages (une référence aux conditions de détention des immigrants illégaux au Texas).

Côté divertissement pur, observer J. Lo répéter sa prestation en traînant sa gourde incrustée de diamants arrive assurément en tête de liste, tout juste devant ses conversations avec Shakira pour négocier leur minutage au micro.

Avenues inexplorées

Construit de manière efficace, Halftime mérite le détour, mais pour une raison qu’on ignore, l’offrande de Netflix accorde une attention démesurée à Hustlers (en français, Arnaque à talons), cette comédie dramatique de Lorene Scafaria dans laquelle Jennifer Lopez incarne une strip-teaseuse qui fomente un plan pour détrousser de riches clients de Wall Street.

Le documentaire expose tout, et même plus : Jennifer qui s’exerce à la danse poteau, Jennifer en tournage, Jennifer au Festival de Toronto, Jennifer fatiguée qui s’émeut devant une critique positive du magazine Glamour, Jennifer qui décroche une nomination aux Golden Globes… C’est franchement trop.

On aurait préféré que l’artiste aborde d’autres sujets en plus amples détails, comme ses débuts difficiles dans l’industrie, sa famille (Jennifer affirme avoir été battue), la misogynie de Hollywood, etc. Pourtant riches, ces thèmes sont évacués rapidement. Même sa robe verte Versace des Grammy de 2000 bénéficie d’un temps d’antenne plus important.

Ainsi, on finit le long métrage avec l’impression d’avoir seulement rencontré une partie de Jennifer Lopez, celle qu’elle a bien voulu montrer. « I’m real », chante-t-elle, mais juste quand elle en a envie.

Halftime

Documentaire

Halftime

Amanda Micheli

Jennifer Lopez, Shakira

1 h 36
Sur Netflix