Dans les années 900, un prince viking cherche à venger la mort de son père tué par son oncle lorsqu’il était enfant.

Publié le 22 avril
Pascal LeBlanc
Pascal LeBlanc La Presse

Hamlet, l’une des plus célèbres pièces de William Shakespeare, est inspirée de la légende scandinave Amleth. Cette dernière est portée à l’écran par Robert Eggers (The Lighthouse, The Witch) et l’écrivain islandais Sjón avec le film The Northman. Pour la raconter, une impressionnante distribution réunissant entre autres Alexander Skarsgård, Nicole Kidman, Ethan Hawke, Willem Dafoe, Anya Taylor-Joy et Björk a été assemblée. Sur papier, c’est prometteur. En réalité, c’est lourd.

L’époque des Vikings offrait certainement peu d’occasions de se réjouir. On ne demande pas qu’un film sur cette période de l’histoire réchauffe le cœur, mais un ou deux personnages plus attachants, voire juste humains, auraient possiblement aidé à rendre ce récit de pure vengeance moins déprimant. Les paysages grandioses de l’Islande et l’obscurité magnifiquement éclairée par le feu – œuvre du directeur photo Jarin Blaschke – ne suffisent pas. La violence est trop grande, le ton trop sérieux et le jeu trop théâtral. On comprend les sources d’inspiration. Mais le résultat n’est pas intéressant.

Les scènes de rituels païens et de sorcellerie ont un effet comique involontaire assez bizarre. Certains combats sont bien chorégraphiés, mais deviennent lassants par leur inévitable succession. On a l’impression d’avoir entendu la trame sonore des dizaines de fois auparavant. Le talent des acteurs de renom est peu exploité. Ils semblent surtout servir à reconnaître des visages familiers parmi la foule de figurants anonymes.

Malgré la rage qui habite Amleth et l’intense performance d’Alexander Skarsgård, sa quête nous laisse froid comme une nuit de janvier islandaise. Il est déjà difficile de se mettre dans la peau d’un garçon qui a été témoin du meurtre de son père par son oncle, mais quand celui-ci grandit pour ne devenir qu’une machine à tuer sans remords, les possibilités d’empathie deviennent quasi inexistantes.

Il est aussi quelque peu étrange que Nicole Kidman incarne la mère d’Alexander Skarsgård alors qu’elle était sa femme dans la série Big Little Lies. « L’amoureuse » du héros – Anya Taylor-Joy – a ici près de 20 ans de moins. Mais bon, c’était une époque de barbares, ça excuse tout...

En salle

The Northman (V.F. : L’homme du Nord)

Drame historique

The Northman (V.F. : L’homme du Nord)

Robert Eggers

Avec Alexander Skarsgård, Nicole Kidman, Anya Taylor-Joy

2 h 16