Cinq amis qui ont toujours fait peur aux humains (un loup, un serpent, un requin, un piranha et une tarentule) se plaisent dans leur rôle de méchant jusqu’à ce qu’ils prétendent devenir gentils pour se sortir d’une impasse. Ils se prennent au jeu et découvrent des avantages à faire le bien.

Publié le 22 avril
Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

Le studio d’animation DreamWorks, artisan de certaines franchises hyper populaires comme Shrek, Madagascar, Kung Fu Panda et How to Train your Dragon, mélange habilement les genres dans ce long métrage d’animation drôle et tiré par les cheveux, qui rend hommage à des films d’espionnage et de cambriolage.

Le film s’inspire des quatre premiers livres illustrés de la série du même nom, de l’auteur australien Aaron Blabey, destinés aux enfants de 6 à 12 ans. Les personnages et leurs aventures se complexifient sous l’impulsion du réalisateur Pierre Perifel, animateur de longue date chez DreamWorks, qui se retrouve pour la première fois à la barre d’un film d’animation. Les illustrations en noir et blanc d’Aaron Blabey, transposées en couleurs, adoptent des formes stylisées inspirées notamment de la bande dessinée, dans un mélange de 2D et de 3D. Les mal-aimés du monde animal, qui ont un sens aigu de la répartie, profitent aussi de l’expérience du scénariste Etan Cohen (Madagascar : Escape 2 Africa, Holmes and Watson), qui effectue un retour au studio d’animation. Il donne à chacun sa propre personnalité et parvient à les rendre sympathiques.

Le loup (voix de Sam Rockwell) est un habile pickpocket. Il s’avère le leader du groupe, qui comprend aussi un serpent très méfiant, un requin maître des déguisements, un piranha qui chante (voix d’Anthony Ramos) et une tarentule (voix d’Awkwafina) pirate informatique. Évoluant au sein d’humains, à qui ils font peur, les cinq comparses n’ont jamais remis en question les rôles qui leur ont été assignés dans la société. Jusqu’à ce qu’ils se fassent arrêter et fassent semblant d’accepter de devenir bons, en relevant le défi lancé par un philanthrope, le riche professeur Marmelade. L’arrogant cochon d’Inde essaie de leur apprendre comment utiliser leurs forces dans un but positif, ce qui n’est pas une mince affaire. La gouverneure Diane Foxington, une renarde qui ne s’en laisse pas imposer, constitue un autre personnage féminin très fort.

Les enfants de plus de 6 ans (à cause de certaines scènes violentes à la fin) n’y verront que du feu, tandis que les adultes prendront plaisir à reconnaître diverses scènes tirées de films comme Pulp Fiction, Mission Impossible et Ocean’s 11. Ce film d’animation, au rythme rapide et ponctué de poursuites automobiles endiablées, comporte de nombreuses péripéties qui permettent aux personnages de se remettre en question. Il y a toutefois des longueurs et l’action aurait gagné à être resserrée. Loin d’être moralisateur, en luttant ouvertement contre les préjugés, le ton demeure humoristique jusqu’à la fin. Il s’agit surtout d’une célébration de l’amitié, qui prime par-dessus tout.

En salle

The Bad Guys (V. F. Les méchants)

Film d’animation

The Bad Guys (V. F. Les méchants)

Pierre Perifel

Voix de Sam Rockwell, Anthony Ramos, Awkwafina

1 h 40