En septembre 1938, alors qu’a lieu à Munich une conférence de la dernière chance pour préserver la paix, deux anciens camarades de l’Université d’Oxford, un Allemand et un Anglais, conjuguent leurs efforts dans le but de faire dérailler le plan secret d’Hitler d’envahir toute l’Europe. Basé sur le roman de Robert Harris.

Publié le 21 janvier
André Duchesne
André Duchesne La Presse

Le 30 septembre 1938, à son retour de Munich où il avait signé l’entente qui permettait à l’Allemagne de prendre le contrôle du territoire des Allemands des Sudètes, en Tchécoslovaquie, le premier ministre britannique Neville Chamberlain avait brandi le fameux papier, déclarant « la paix pour notre temps ».

S’il a été vivement acclamé à ce moment-là, disons que la déclaration lui est restée… pour les mauvaises raisons. Moins d’un an après, la Seconde Guerre mondiale s’amorçait.

Inspiré du roman de Robert Harris, ce film revient sur les accords de Munich à travers deux personnages fictifs, l’Anglais Hugh Legat (George MacKay) et Paul von Hartmann (Jannis Niewöhner), deux camarades de l’Université d’Oxford qui ne s’étaient pas revus depuis 1932, alors qu’ils s’étaient disputés sur les choix politiques d’Adolf Hitler.

L’un et l’autre, travaillant dans les cabinets politiques de Chamberlain et d’Hitler, se retrouvent à la conférence. Ne croyant plus un mot d’Hitler, Paul convainc Hugh de lui faire rencontrer Chamberlain pour lui révéler la vraie nature des projets du Führer.

Traversé de quelques moments de grande intensité, ce drame politique n’en est pas moins un peu trop lisse et sans grande audace, notamment sur le plan artistique, pour nous rester en mémoire. Pas plus qu’il ne réussit à nous faire comprendre et ressentir l’ampleur historique de ce moment.

Pire encore, l’apparition ultra-programmée d’un personnage secondaire nous a permis de deviner sans trop de mal le dénouement de l’intrigue. Ce n’est jamais bon.

Certes, le film est bien et les concepteurs ont coché toutes les cases pour un drame historique réussi. Mais voilà, ils les ont cochées… sans valeur ajoutée.

Le personnage (réel) de Neville Chamberlain qu’incarne Jeremy Irons est ici assez posé, voire philosophe. À Munich, il navigue à vue, mais avec une certitude béate. Par contre, le film ne fait aucune place à Churchill, alors simple député, mais très écouté au sein du Parti conservateur, qui, à Londres, avait vertement dénoncé l’accord. Le personnage d’Hitler, incarné par Ulrich Matthes, n’est pas très convaincant.

Dans le métier depuis une vingtaine d’années, le comédien George MacKay avait retenu notre attention pour son rôle du caporal Schofield dans 1917 de Sam Mendes. Dans Munich, il joue à nouveau avec beaucoup de justesse, mais presque toujours sur le même registre. À l’image du film…

Sur Netflix

Rectificatif
Dans une version précédente de ce texte, nous avons écrit que Winston Churchill était chef de l’opposition au moment des Accords de Munich. Il était en fait simple député, mais, jouissant de sa longue expérience en politique, était une voix écoutée. Nos excuses.

Munich – The Edge of War (v. f. : L’étau de Munich)

Drame historique

Munich – The Edge of War (v. f. : L’étau de Munich)

Christian Schwochow

Avec George MacKay, Jannis Niewöhner et Jeremy Irons

2 h 09