Dans un avenir proche, Cameron, un homme à qui tout réussit, est atteint d’une maladie incurable. Lorsqu’il se voit offrir d’être cloné dans un nouveau corps avec, en prime, le transfert de sa mémoire, afin de continuer à vivre avec sa famille, Cameron fait face à un choix déchirant.

Publié le 17 déc. 2021
André Duchesne
André Duchesne La Presse

Atteint d’une maladie incurable, la mort vous guette. On vous offre la possibilité de cloner votre corps et d’y transférer tout ce qu’il y a dans votre cerveau, afin de continuer à vivre avec vos proches. Mais il y a un hic. Une fois le transfert terminé, votre nouveau moi ne sera pas vous. Il sera tout simplement lui. Vous ne sentirez rien de sa nouvelle vie… avant comme après votre mort. Que feriez-vous ?

C’est l’effrayante question à laquelle doit faire face Cameron (le double oscarisé Mahershala Ali) qui vit paisiblement avec sa femme Poppy (Naomie Harris), enceinte de leur deuxième enfant, et leur fils Cory.

Sans rien révéler à sa famille, Cameron se rend dans une clinique en pleine forêt où la Dre Jo Scott (Glenn Close) tente de le convaincre d’être le troisième « patient » à recevoir ce traitement. « Dans quelques années, ce sera aussi commun qu’une transplantation cardiaque », le rassure-t-elle.

Rassuré, Cameron ? Pas du tout ! Lorsqu’il rencontre Jack, son double, et qu’il voit ce dernier, dans une visioconférence ultramoderne, échanger des paroles tendres avec Poppy, il pète les plombs. « TU N’ES PAS MOI », crie-t-il.

Le reste est à l’avenant. Quel choix fera Cameron ?

Oscillant entre la science-fiction et le drame d’anticipation, Swan Song (Le chant du cygne) explore à la fois de difficiles questions éthiques sur le clonage, la vie éternelle et des éléments plus tendres que sont la filiation, l’amour éternel et la transmission.

Voilà des éléments qui en font un sujet fort intéressant. Malheureusement, le film est un peu inégal dans son rythme en plus d’être abordé dans une mise en scène froide, clinique, cartésienne et aux lignes épurées. Que ce soit en ville ou en pleine forêt du Pacifique (le film a été tourné à Vancouver et dans sa région), tout est hyper léché.

Par contre, le réalisateur Benjamin Cleary a su trouver le bon équilibre entre vie domestique et éléments fictionnels. On croit beaucoup à sa vision futuriste de technologies existantes (voitures sans chauffeur, internet, iPod, etc.). Telles qu’elles sont présentées, elles ont du sens.

Par ailleurs, la rappeuse et comédienne Awkwafina, qui défend le rôle secondaire de Kate, aussi atteinte d’un mal incurable, a une présence percutante dans chacune de ses courtes scènes. À notre avis, elle défend le meilleur rôle et donne du corps au récit.

Après avoir remporté en 2016 l’Oscar du meilleur court métrage de fiction avec Stutterer, Benjamin Cleary réalise ici son premier long. Sa carrière sera à suivre, on l’espère, dans un… avenir proche.

Swan Song

DRAME DE SCIENCE-FICTION

Swan Song

Benjamin Cleary

Avec Mahershala Ali, Naomie Harris, Glenn Close

1 h 52

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