Dans les années 1940, un jeune forain ambitieux doté d’un talent de mentaliste rejoint les rangs de la haute société, où il est mis au défi par une mystérieuse psychoanalyste.

Publié le 17 déc. 2021
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Pour son premier long métrage depuis The Shape of Water, qui lui a valu un triomphe aux Oscars il y a trois ans, Guillermo del Toro plonge dans les arcanes du film noir en portant à l’écran le plus célèbre roman de William Lindsay Gresham, publié en 1946. Une première adaptation cinématographique, mettant en vedette Tyrone Power, avait d’ailleurs été proposée dès l’année suivante.

L’incursion du réalisateur du Labyrinthe de Pan dans un univers carnavalesque et fantastique ne surprendra personne. À ce chapitre, le cinéaste s’en donne à cœur joie en dépeignant le monde forain de la toute fin des années 1930, alors que le climat de la Grande Dépression, toujours très lourd, cède peu à peu la place à un autre sombre chapitre de l’histoire mondiale.

Nightmare Alley (Ruelle de cauchemar en version française) est divisé en deux parties bien distinctes. L’une, la première, sans Cate Blanchett ; l’autre, avec Cate Blanchett. Devinez laquelle est la plus intéressante ? Ce nouvel opus de Guillermo del Toro prend réellement vie à partir du moment où l’actrice, qu’on peut aussi voir actuellement dans Don’t Look Up, d’Adam McKay, fait son entrée dans l’histoire, au bout d’un premier acte beaucoup trop long.

Cate Blanchett, qui aurait été une muse parfaite dans le cinéma noir des années 1940, prête cette fois ses traits à une psychiatre vénéneuse qui, assistant à un spectacle que Stan (Bradley Cooper) offre désormais aux membres de la haute société d’une grande ville pour les divertir, met ce dernier au défi. La joute psychologique qui s’engage alors entre ces deux « spécialistes du mental » est magnifiquement évoquée, tant sur le plan des ambiances que de la (fabuleuse) direction artistique.

Hélas, la puissance de cette seconde partie fait en sorte que tout ce qui nous y mène apparaît superflu et presque inutile. D’autant que, malgré les excellents comédiens qui sont mis à contribution (Toni Collette, Rooney Mara, Willem Dafoe et David Strathairn notamment), on n’en a ici que pour le duo Cate Blanchett — Bradley Cooper. Ce dernier offre d’ailleurs l’une de ses meilleures compositions, face à une actrice qui, décidément, évolue dans une classe à part.

En salle

Nightmare Alley

Thriller

Nightmare Alley

Guillermo del Toro

Avec Bradley Cooper, Cate Blanchett, Rooney Mara

2 h 19

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