Souffrant de lycanthropie, Jacob, un jeune adulte, est admis dans une institution spécialisée dans la guérison de personnes se prenant pour des animaux. Tout en se rapprochant de Cecile, une femme croyant être un chat sauvage, Jacob découvre que le directeur de l’institution est un sadique aux méthodes inhumaines.

Publié le 3 déc. 2021
André Duchesne
André Duchesne La Presse

Dans une institution psychiatrique où tous les patients se prennent pour des animaux, du perroquet au cheval, du panda à l’écureuil, Jacob (George MacKay) est admis, souffrant de lycanthropie ; il se croit loup.

Le ton est donné pour ce film singulier, étrange, au décor épuré et dont la charge émotive nous tient au bout de notre chaise du début à la fin. Décidément, Wolf est un long métrage qui ne fait pas dans la dentelle et dont l’originalité ne laissera personne indifférent.

L’histoire est centrée autour de Jacob dont la route va bientôt croiser celle de Cecile (Lily-Rose Depp ; La danseuse) qui croit être un chat sauvage. Vont-ils s’entretuer ? Se mordre au sang ? Non ! Oscillant constamment entre le côté humain et leur versant animal, Jacob et Cecile vont se rapprocher, s’apprivoiser, se désirer. Mais dans leur situation, rien n’est simple. Nous ne sommes pas dans un romantisme standardisé ! Jacob doit choisir entre les deux vies qui le tiraillent.

Au début du film, sous les bons soins de la Dre Angeli (Eileen Walsh) aux méthodes douces, Jacob, Cecile et toutes les autres personnes admises dans cette clinique font des progrès. Mais ceux-ci ne sont pas permanents. C’est alors que le DMann (Paddy Considine), aussi identifié comme le gardien du zoo, intervient avec des méthodes de plus en plus radicales et empruntant à la torture.

Rien ne peut arrêter le DMann et l’histoire bascule alors dans le film d’horreur. Lui aussi déshumanisé, le DMann est encore plus sauvage que ses patients.

De façon frontale, Wolf questionne notre rapport au pouvoir dans un contexte où l’on devrait normalement prodiguer des soins. La démarche de Nathalie Biancheri force la réflexion, ce qui est appréciable.

Du côté de l’interprétation, il fallait que les acteurs trouvent le ton juste pour rendre leur personnage crédible. Ils y parviennent et sont convaincants. Ils ne forcent pas la note, ne sont pas caricaturaux.

Le film est mû par une belle montée en puissance. Mais l’histoire s’écrase un peu dans le dernier acte. Nous n’avons rien contre les fins ouvertes, mais ici, on laisse trop de choses en plan, trop de questions sans réponses, pour y trouver satisfaction. Wolf perd alors quelques dents. C’est un peu dommage.

Wolf est présenté en salle en version originale anglaise seulement.

Consultez l’horaire du film
Wolf

Drame, thriller

Wolf

Nathalie Biancheri

Avec George MacKay, Lily-Rose Depp et Paddy Considine

1 h 38