En 1967 à Newark, ville du New Jersey voisine de New York, de graves émeutes raciales ont cours. En parallèle, deux bandes de gangsters s’affrontent : les Italo-Américains et les Afro-Américains. C’est dans cet environnement que grandit Tony Soprano, vedette de la série télévisée The Sopranos.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

L’adage veut que la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. Parlez-en à Anthony (Tony) Soprano, vedette de la célèbre série mafieuse The Sopranos dont les origines nous sont racontées dans ce long métrage de fiction parfaitement équilibré.

Équilibré, parce que le film, sur lequel le créateur de la série David Chase porte sa griffe, n’est pas qu’un banal film de gangsters farci de meurtres, de fusillades, de torture et de gros mots. Oui, il y a un peu de tout ça quand même, mais c’est aussi l’histoire d’une ville un peu anonyme qui a grandi à l’ombre de New York. Une ville avec ses communautés ethniques, sa culture, ses codes, sa propre histoire… et sa violence.

En somme, le film est riche, tant dans ses textures, ses très nombreux personnages que sa géographie et sa jolie trame sonore.

Incarné par deux jeunes acteurs, William Ludwig (enfant) et Michael Gandolfini (adolescent), le personnage de Tony Soprano rêve vaguement d’aller à l’université et de jouer au football alors qu’autour de lui gravitent un père, un grand-père, des oncles et plus particulièrement son oncle Dickie (Alessandro Nivola), à qui il voue une admiration certaine.

Tony va prendre de plus en plus conscience de ce qui l’entoure et va commencer, lentement mais sûrement, à créer son petit monde mafieux, mais avec une petite touche d’insouciance, comme si c’était un jeu. Alors que ça n’en est pas un !

Si le personnage de Tony à l’enfance nous laisse un peu indifférent, notamment parce qu’il a peu à jouer, celui qui est en voie de devenir un homme a beaucoup plus d’étoffe. C’est à travers son regard que le spectateur assiste au déploiement de l’histoire familiale.

Dans cet antépisode (prequel), Michael Gandolfini ouvre parfaitement la voie menant à la série où son père James incarnait Tony. Le jeune homme de 21 ans a déjà dit en entrevue que porter les chaussures de son père, mort en 2013, dans ce projet a été la décision la plus difficile de sa carrière. Le résultat nous est apparu convaincant.

D’ailleurs, Alan Taylor, qui a dirigé des épisodes de Game of Thrones, Mad Men et The Sopranos, pour ne nommer que ceux-là, fait ici un excellent travail de direction. Et la scène finale, dramatique sans jamais être appuyée, ouvre toute grande la porte vers la série.

Réussi, cet antépisode ? Absolument !

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The Many Saints of Newark

Drame

The Many Saints of Newark

Alan Taylor

Avec Alessandro Nivola, Leslie Odom Jr et Michael Gandolfini

2 h

½