Embauché par des clients pour retrouver de précieux souvenirs effacés, un enquêteur privé de l’esprit travaillant à Miami, ville submergée par les flots à la suite des effets des changements climatiques, se perd dans une boucle temporelle en découvrant des aspects inédits de sa propre histoire.

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

De bons acteurs, de bons moyens, des images révélant un bon sens visuel, et pourtant, rien ne semble fonctionner dans ce premier long métrage de Lisa Joy. Pour son entrée dans le monde du cinéma, la cocréatrice, avec Jonathan Nolan, de la série Westworld propose au spectateur un voyage à l’intérieur de souvenirs. L’ennui, c’est que Reminiscence veut être trop de choses à la fois : film de science-fiction futuriste, suspense, drame romantique mâtiné d’un hommage au film noir d’une autre époque. Ajoutez à ce menu une intrigue passablement difficile à suivre, inutilement alambiquée, et vous aurez entre les mains un long métrage pour lequel il faudra probablement se brancher sur une machine un jour pour en rappeler le souvenir tant il n’en laisse aucun.

Surutilisant une narration dite en voix hors champ par Hugh Jackman, la réalisatrice, qui signe également le scénario du film, ne parvient pas à trouver une façon d’engager le spectateur dans une histoire qui avait pourtant du potentiel. L’acteur australien prête en effet ses traits à Nick, enquêteur taciturne qui s’est recyclé dans une entreprise pouvant recréer virtuellement pour ses clients de beaux souvenirs. Il suffit de s’installer dans une espèce de baignoire, de mettre le casque et de voir apparaître en trois dimensions, à l’intérieur d’un cercle que pourraient utiliser les danseurs de Révolution, les souvenirs commandés.

Le tout dégénère le jour où Nick tombe follement amoureux d’une femme fatale (Rebecca Ferguson) qui disparaît de sa vie aussi rapidement qu’elle y est arrivée. Et envers qui il développe une obsession. L’intrigue étant campée à Miami à une époque où les changements climatiques ont fait des ravages, on se serait également attendu à ce que cet aspect des choses soit mieux exploité. Il sert plutôt ici de prétexte pour planter un beau décor dans le quartier des bien nantis avec de beaux canaux. Seul le personnage de fidèle assistante qu’incarne Thandiwe Newton, qui n’est pas toujours présent, semble plus authentique. Mais c’est bien peu.

En salle en version originale et en version française (sous le titre Réminiscence)

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IMAGE FOURNIE PAR WARNER BROS. PICTURES

Reminiscence, de Lisa Joy

Film à suspense
Reminiscence
Lisa Joy
Avec Hugh Jackman, Rebecca Ferguson, Thandiwe Newton
1 h 56
★★½