À la veille de ses 45 ans, Rosa, une couturière empathique, réalise qu’elle passe sa vie à servir ses proches, aussi débordés qu’elle par le travail et une vie familiale décousue. Un jour, elle décide de tout balancer, de se prendre en mains et de se marier. Mais elle n’est pas au bout de ses peines avec sa famille envahissante.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

Recommencer sa vie n’est pas une affaire simple. Mais ce geste radical peut, quand on y met du sien, apporter une forme d’ivresse. N’y a-t-il pas un mélange de crainte et d’excitation digne d’un saut en parachute à la perspective de mettre derrière soit les éléments toxiques de nos vies et à ralentir le rythme ?

En mettant vos pas dans ceux de Rosa (Candela Peña), vous vivrez cette situation. Avec le plus grand bonheur, car ce film espagnol campé au bord de la Méditerranée est étoilé de mille et un charmes.

Le monde de Rosa est celui de la couture. Voilà un nid parfait pour la trame narrative. Le spectateur est plongé dans un monde de couleurs, de textures, de motifs, d’objets fabuleux comme… un dé à coudre dont la symbolique dans le film est magnifique.

Et lorsque Rosa décide de quitter Valence pour s’installer dans le village de Benicàssim pour rouvrir l’atelier de sa mère décédée, nous voilà propulsés dans l’ambiance magique et sensuelle des stations balnéaires.

Mais attention ! Rosa (comme nous) n’est pas au bout de ses peines. Alors qu’elle est aux prises avec une famille envahissante, son projet d’un mariage très singulier est menacé à tous les instants.

Le frère Armando (excellent Sergi López), la sœur paumée Violeta (survoltée Nathalie Poza), le père, la fille, la famille élargie de Rosa, tous vont vouloir s’en mêler.

Cela se traduit par des situations drôles, attachantes, déjantées, frôlant parfois le burlesque, mais sans jamais verser dans la caricature. Oui, bien sûr, c’est parfois un peu gros et très naïf. Mais l’effet curatif est garanti.

Sans surprise, la petite leçon de vie rattachée au film est que la famille, les amis, les conjoints, les collègues de travail sont importants dans nos vies. Comme il est tout aussi important d’être attentif à soi. Rien de bien original.

Mais c’est proposé avec une bonne dose d’authenticité et sans lourdeur. Par exemple, le côté envahissant de la famille de Rosa est introduit par un cauchemar où la couturière court sa vie à la manière de Forrest Gump.

Au jeu tout à fait correct des comédiens s’ajoute une direction photo active, nerveuse, voire joyeuse. Et lorsque la caméra s’arrête, c’est pour mettre en valeur, et avec amour, les personnages et les décors.

Cette comédie colorée et sans prétention constitue le film idéal pour amorcer la saison estivale au cinéma !

En salle dès ce vendredi en espagnol avec sous-titres français.

Le mariage de Rosa

Comédie

Le mariage de Rosa

Icíar Bollaín

Avec Candela Peña, Sergi López, Nathalie Poza

1 h 39

½