Certaines circonstances bouleversantes amènent Estella, jeune créatrice de mode à la fibre rebelle, à vouloir s’affirmer dans le milieu de la haute couture, à Londres, dans les années 1970. Donnant libre cours à sa véritable nature, elle se transforme en Cruella de Vil.

Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

L’excentrique Cruella de Vil à la chevelure noire et blanche, obsédée par les chiots dalmatiens, est l’une des figures mythiques de Disney. Le réalisateur Craig Gillespie (I, Tonya) a cherché à aller au-delà de la caricature en explorant les origines de l’exubérant personnage, dans un film en prises de vues réelles à la fois drôle et dramatique.

Deux femmes s’affrontent, incarnées par deux artistes d’élite, qui ont manifestement pris plaisir à se mesurer l’une à l’autre. Emma Stone, gagnante d’un Oscar (La La Land) et l’une des productrices exécutives, tient la vedette dans le double rôle d’Estella et de Cruella. Elle livre un superbe combat à Emma Thompson, lauréate de deux Oscars (Howards End, Sense and Sensibility), qui s’en donne à cœur joie sous les traits de l’égocentrique baronne von Hellman, un grand nom de la mode depuis des décennies, qui est prête à tout pour conserver sa place au sommet de l’industrie. Son arrogance rappelle celle de Miranda Priestly, interprétée par Meryl Streep dans The Devil Wears Prada (Le diable s’habille en Prada). La condescendance de la baronne est toutefois poussée à un tout autre niveau, teintée de méchanceté et d’intransigeance.

Les deux rivales sont définies par leurs tenues. Une étoile spéciale doit être attribuée à la créatrice de costumes Jenny Beavan, lauréate de deux Oscars (A Room with a View, Mad Max – Fury Road), pour leur originalité.

Toutes les références au classique d’animation Les 101 dalmatiens et au film en prises de vues réelles mettant en vedette Glenn Close y sont, jusqu’à la voiture caractéristique de Cruella de Vil, les chiens dalmatiens (nullement en danger) et les deux acolytes Horace et Jasper. Alliés d’Estella/Cruella, ils font partie intégrante de l’histoire et sont interprétés avec beaucoup d’humour et de finesse par Paul Walter Hauser (I, Tonya, Richard Jewell) et Joel Fry (Yesterday). Les chiens d’Estella et d’Horace, fort drôles, détendent aussi l’atmosphère. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un film pour tous les membres de la famille. Certains éléments ne conviennent pas à un jeune public.

Craig Gillespie intègre habilement des gags au milieu de scènes intenses. En somme, il livre une production plus sombre que ce qu’on pourrait s’attendre d’un film de Disney. Il se fait plaisir en ayant recours à des chansons fort connues (pas nécessairement des années 1970 ni de formations britanniques) pour créer l’atmosphère désirée.

Il y a toutefois des longueurs, qui nuisent au rythme du film. Ce dernier aurait gagné en tension dramatique si l’action avait avancé plus rondement. Il n’aurait été que plus percutant.

Cruella est présenté en salle et sur Disney+ avec l’Accès Premium.

Cruella

Comédie dramatique

Cruella

Craig Gillespie

Avec Emma Stone, Emma Thompson,
Paul Walter Hauser

2 h 14

½