À sa sortie, en 1992, le jeu vidéo Mortal Kombat a séduit des millions de jeunes par ses personnages aux pouvoirs extraordinaires, ses combats captivants et sa violence extrême. De nombreux adultes de l’époque étaient outrés. Aujourd’hui, ceux qui ont brûlé vif leur adversaire avec Scorpion sont pour la plupart parents et l’hémoglobine composée de pixels n’offusque plus vraiment personne.

Pascal LeBlanc Pascal LeBlanc
La Presse

Avec cela en tête, Warner Bros. travaille sur un nouveau film inspiré des jeux depuis une dizaine d’années. Parce qu’il n’avait guère d’autres options, Mortal Kombat, de Simon McQuoid, mise donc sur la nostalgie et le sang pour attirer les foules dans les salles… ou dans leur salon.

Rappeler le passé est généralement garant de succès. Même ceux qui n’ont pas réalisé la combinaison « arrière-arrière-low punch » depuis le secondaire se souviennent probablement de Liu Kang, Sub-Zero, Raiden, Sonya, Jax, Kano, Mileena, Shang Tsung et Goro. S’ils vous manquaient, ils apparaissent tous en chair, en os et en tripes dans un récit très fidèle à vos souvenirs.

Et si vous ne fréquentiez pas les salles d’arcade ou vous n’aviez pas de console à la maison, il est possible que vous ayez vu le Mortal Kombat de 1995 – ou du moins entendu sa chanson thème dans votre premier rave. Le film de Paul W. S. Anderson, mettant en vedette Christopher Lambert et Robin Shou, est devenu culte pour bien des enfants des années 1990. Il reprenait aussi les principaux éléments du jeu, mais sans les cœurs arrachés et les têtes tranchées. Disons qu’on était passé à côté de ce qui a permis à la franchise de devenir un phénomène.

PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.

Mileena est bien sadique dans ce nouveau Mortal Kombat.

Les fans étaient donc ravis du bain de sang promis par la bande-annonce de la version 2021. Cela dit, au fil de la vingtaine de jeux de la série, ils ont été habitués à ce que les limites de la brutalité soient chaque fois repoussées et un long métrage peut difficilement rivaliser en matière de barbarie créative. Les scénaristes Greg Russo et Dave Callaham ont eu quelques bonnes idées et certaines scènes arrivent à nous secouer – le chapeau de Kung Lao est bien affûté. Toutefois, les nombreux combats se démarquent davantage par la qualité de leur chorégraphie que par le plaisir sadique de voir de véritables Fatalities.

La caméra est certainement la force du film. Elle permet de bien apprécier les scènes d’action et offre des plans soignés. Les effets visuels, les costumes et les décors, de toute évidence limités par le budget, laissent cependant à désirer. Il reste que ce n’est pas si mal par rapport au scénario.

Un nouveau venu

Comme dans le jeu, le tournoi Mortal Kombat oppose différents mondes, dont celui de la Terre. Les guerriers de notre planète ont perdu les neuf derniers affrontements et une défaite de plus signifierait la fin. Une prophétie permet cependant de garder espoir. Elle est portée par Cole Young (Lewis Tan), un combattant ultime qui a connu de meilleurs jours.

PHOTO FOURNIE PAR WARNER BROS.

Cole Young (Lewis Tan) est un nouveau personnage jamais vu dans les jeux vidéo.

Celui-ci n’est jamais apparu dans les jeux vidéo. Ce nouveau venu offrait la possibilité de surprendre, d’être plus actuel ou simplement d’ajouter un peu de piquant. On a plutôt décidé d’en faire un héros dépourvu de charisme, sans personnalité et totalement à la remorque des personnages établis. Même ses pouvoirs sont décevants ! Le jeu peu convaincant de Lewis Tan – de l’ensemble de la distribution, en fait – n’aide en rien. À leur défense, ces pauvres acteurs n’avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent. Chaque réplique aide à expliquer les enjeux qui ne sont pourtant pas si complexes.

Même si nos attentes par rapport à un reboot de Mortal Kombat étaient modérées, nous aurions préféré ne pas trouver le temps long entre les batailles devant lesquelles nous sommes finalement resté quelque peu de glace.

En salle et en vidéo sur demande

IMAGE FOURNIE PAR WARNER BROS.

Action
Mortal Kombat
Simon McQuoid
Avec Lewis Tan, Jessica McNamee, Josh Lawson
1 h 50
★★