Hutch Mansell (Bob Odenkirk), un père de famille sans histoire, mène une existence rangée et monotone. À la suite d’un cambriolage, ses instincts violents réprimés refont surface et le forcent à retirer son masque de bon à rien pour survivre.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

La pointe d’humour noir et violent de Nobody, second long métrage du réalisateur russe Ilya Naishuller, est son premier atout. Son scénario souvent tiré par les cheveux est sa faiblesse rédhibitoire.

Bob Odenkirk, que l’on connaît surtout pour son rôle de Saul Goodman dans la série Breaking Bad et sa série dérivée Better Call Saul, prend les traits d’un père de famille au quotidien banal et répétitif. Hutch Mansell a une femme, Becca (Connie Nielsen), deux enfants et une maison de banlieue. Il travaille dans l’entreprise de sa belle-famille et semble constamment en train de réprimer une rage qui bouillonne en lui.

Après un cambriolage durant lequel il choisit de rester passif plutôt que de se défendre, son mariage platonique devient plus froid encore et son fils adolescent Blake (Gage Munroe) perd tout respect pour lui. Une suite d’évènements le place dans la ligne de mire de la mafia russe et cet homme en apparence sans histoire se laisse finalement submerger par ses instincts violents.

On sait dès le départ que le personnage d’Odenkirk va exploser et on se languit de voir ce que ça va donner. Quand arrive la toute première scène d’action, qui dure plusieurs minutes, le flot de sang et les moments où le violent frôle le comique captent l’attention. C’est trop, mais c’est bien tourné, presque poétique dans la façon dont la brutalité est dépeinte.

Mais bien vite, il devient évident que tout dans ce film est surfait. Hutch Mansell est d’abord un bon à rien et on empile les clichés quasi improbables pour nous le faire comprendre. Puis, il devient ce super-tueur et, encore une fois, l’accumulation de moments invraisemblables fait tiquer.

On finit par s’habituer à voir Odenkirk incarner un personnage qui aurait mieux convenu à un Bruce Willis d’il y a 15 ans. Et certaines scènes d’action, parfois extrêmement violentes, sont divertissantes. Sauf que le tout ne tient pas dans ce scénario signé Derek Kolstad (scénariste de la série John Wick). C’est dans la façon dont Hutch s’en sort (plusieurs fois) trop facilement, dont le personnage du vilain russe (Aleksei Serebryakov) frise le ridicule et dont l’action à la fin du film tarde à aboutir. Les moments cocasses sont bien exploités, mais ne pèsent pas assez pour sauver la mise.

Nobody est actuellement à l’affiche

AFFICHE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Nobody, d'Ilya Naishuller

Action
Nobody
Ilya Naishuller
Avec Bob Odenkirk, Aleksei Serebryakov, Connie Nielsen et RZA
1 h 32
★★½