Incapable de se voir dans le rôle de mère, Dara quitte son mari Danny et leur fille Isabel peu après la naissance de cette dernière. À son retour dans l’espoir de renouer avec sa famille, elle découvre que Danny a refait sa vie et qu’Isabel ne la reconnaît plus. Dara devra apprendre à composer avec cette réalité.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Durant le visionnement de ce long métrage minimaliste, un léger malaise nous habite. Le sentiment d’être assis sur un baril de poudre qui menace de nous exploser à la figure. Sans que personne ait pour autant envie d’allumer la mèche.

Voilà qui est bon signe. C’est l’essence de ce qu’essaie de véhiculer tout en finesse, en douceur et en rondeur cette coproduction Québec-Ontario consacrée au thème de la reconstruction, individuelle comme familiale.

Le réalisateur Jesse Noah Klein a pris le parti d’aborder un sujet hautement volatil sans pour autant plonger les personnages dans des crises et des échanges agressifs.

Ce parti pris est tout à fait valable. En fait, il donne aux comédiens tout l’espace nécessaire pour explorer leur personnage à différents degrés sentimentaux. Et ces derniers, notamment Sarah Sutherland (Dara) et Jared Abrahamson (Danny), réussissent le pari haut la main. Mme Sutherland propose ainsi un personnage dont le langage verbal en dit long sur ses tourments intérieurs.

Hubert Lenoir, dans un rôle secondaire qui aurait pu être un peu étoffé, est tout aussi convaincant. Tout comme la jeune Margaux Vaillancourt dans le rôle d’Isabel.

L’histoire est d’autant plus intéressante qu’elle implique un jeune (ex-) couple. Les personnages sont à la fin de la vingtaine. Si, à première vue, Dara est à blâmer pour avoir fui sa famille, on comprend vite, en faisant la connaissance de ses propres parents, qu’elle n’a jamais eu de modèle pour savoir « comment aimer ».

Sans artifice, sans décor ostentatoire et, disons-le, sans grands moyens de mise en scène, ce film marque tous ses points grâce à un puissant scénario et à la performance des acteurs.

En salle au cinéma du Parc en version originale anglaise et dès le 30 mars en anglais et en français sur plusieurs plateformes de vidéo sur demande.

IMAGE FOURNIE PAR ENTRACT FILMS

Like a House on Fire, de Jesse Noah Klein

Drame
Like a House on Fire
Jesse Noah Klein
Avec Sarah Sutherland, Jared Abrahamson et Hubert Lenoir
1 h 25
★★★½