À la suite d’une tragédie personnelle, une femme ayant du mal à continuer à vivre en société part s’isoler dans les montagnes du Wyoming. Cette vie d’ascète volontaire se passant très mal, elle se voit dans l’obligation d’accepter de l’aide. Un choix qui lui permettra de retrouver ses repères.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Présenté en première mondiale au festival de Sundance, le premier long métrage de Robin Wright s’inscrit dans cette lignée de films dont le héros principal, le cœur éclaté, quitte tous ses ancrages pour aller voir ailleurs dans l’espoir de guérir.

Mais guérir de quoi, au juste ? Comment nommer la souffrance ? Comment cheminer vers la guérison ? Ce n’est pas assez défini dans le scénario de ce film faisant du surplace autour du coup de tête d’Edee (Robin Wright) qui s’installe dans une bicoque pourrie au sommet d’une montagne.

Si ce coup de tête et ses conséquences physiques sont correctement mis en scène, le film reste en surface en ce qui concerne l’introspection du personnage. Introspection dans le sens d’avoir accès à son âme et ses tourments, que la fin soit heureuse ou non.

Or, c’est dans ce piège que les artisans du film sont tombés. Il leur fallait une fin heureuse. Avec pour résultat que l’histoire de Land se fractionne profondément. Dans la première partie du film, Edee rate toutes ses tentatives de vivre en autarcie. À l’article de la mort, elle est secourue par un couple, dont l’homme, Miguel (Demián Bichir) va lui montrer comment faire. Après cela, miracle, Edee réussit tout ce qu’elle entreprend.

La leçon à en tirer, dixit Robin Wright, est qu’il faut faire confiance à l’autre et qu’un peu de bonté humaine est toujours bienvenue. Mais à l’écran, le fossé entre l’avant et l’après Miguel a quelque chose de gênant. Sans l’homme, pas de réussite ? Vraiment ?

Le film est un peu sauvé par une bonne mise en scène et une direction photo intelligente, autant pour mettre en valeur des décors de carte postale (le film a été tourné en Alberta) que pour souligner les situations plus dramatiques, comme une tempête de neige mémorable ! Les silences, les flash-back, les sons de la nature sont aussi appropriés.

La comédienne a joué à fond – et avec le talent qu’on lui connaît – un personnage à la fois épuré et dépouillé de tout. Mais avec, en fin de compte, un résultat mitigé.

En salle et en VSD

AFFICHE FOURNIE PAR FOCUS FEATURES

Land, de Robin Wright

DRAME
Land
Robin Wright
Avec Robin Wright, Demián Bichir et Kim Dickens
1 h 29
★★★