Nouvellement installés dans une petite maison située dans un quartier sensible en banlieue de Paris, un homme et une femme, fervents défenseurs de l’école publique, sont confrontés à leurs valeurs quand les parents de tous les amis de leur fils décident d’inscrire ces derniers à l’école privée.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Michel Leclerc s’est fait remarquer grâce au Nom des gens, un film qui répondait au débat identitaire français en empruntant un humour décapant. Cette fois, le cinéaste, qui, 10 ans plus tard, cosigne de nouveau le scénario de son film avec Baya Kasmi (Je suis à vous tout de suite), propose une comédie sociale dont l’allégeance ne fait aucun doute sur le plan idéologique, mais dans laquelle il n’hésite toutefois pas à en souligner les contradictions.

À travers un récit construit autour de deux personnages caricaturaux dans leur ultralibéralisme, Leclerc orchestre une fable sur le « vivre ensemble » dans laquelle les beaux principes sont confrontés — parfois durement — à la réalité. Fervents défenseurs de l’école républicaine, Paul (Edouard Baer), ancien batteur d’un groupe punk-rock, et Sofia (Leïla Bekhti), avocate, sont convaincus de leurs valeurs au point de vendre leur appartement parisien pour aller s’installer dans un pavillon en banlieue, histoire de baigner fiston, âgé de 9 ans, dans une belle mixité sociale.

Évidemment, faute de moyens, l’école que fréquente désormais le garçon tombe en ruine, et la mixité ne se produit pas aussi harmonieusement que souhaité. Au point où l’on envisage même l’idée — sacrilège ! — de devoir inscrire la précieuse progéniture dans une école privée.

Faire de l’humour avec des sujets graves n’est certes pas donné à tout le monde. Michel Leclerc y parvient en abordant le thème de l’éducation — et du milieu social dans lequel elle s’exerce — avec beaucoup d’aplomb. Tout en relevant des évidences (l’état des écoles dans les quartiers défavorisés est lamentable), le cinéaste a aussi le souci de faire rire — parfois de façon grinçante — en ponctuant son film d’une autodérision bien amenée. Si le récit s’enlise un peu au bout d’un moment et frôle parfois le moralisme bon teint, l’ensemble reste éminemment sympathique. Et puis, Leïla Bekhti et Edouard Baer sont parfaits.

AFFICHE FOURNIE PAR UGC DISTRIBUTION

La lutte des classes, de Michel Leclerc

Sorti il y a près de deux ans en France et toujours inédit au Québec, La lutte des classes est offert à la location sur la plateforme du Cinéma Moderne.

★★★½

La lutte des classes. Comédie de Michel Leclerc. Avec Leïla Bekhti, Edouard Baer, Ramzy Bedia. 1 h 43.