Alors que la propagation fulgurante d’un virus transforme les membres d’une communauté de Blancs en zombies sanguinaires, la population d’un territoire amérindien voisin, complètement immunisée, se confine dans l’espoir de ne pas être anéantie.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Le synopsis de ce film de zombies a quelque chose d’étonnant dans le sens qu’il s’inscrit dans une actualité on ne peut plus aiguë. Mais il faut évidemment se rappeler que le tournage s’est fait en amont de la pandémie actuelle, en mai 2018 pour être précis.

Dans un autre registre, toutefois, le scénario puise à même l’histoire des Premières Nations d’Amérique, dont la cohabitation avec les Blancs a été tout sauf facile, au fil des siècles. Et si, dans ce film, les Amérindiens sont du bon côté du virus, il y a néanmoins une forte menace à leur existence et à leur désir de vivre en paix. Un rappel drôlement bien amené.

C’est exactement à cela que l’art nous sert. À interpréter nos sentiments, nos pulsions, nos valeurs, nos sociétés et notre histoire sous mille et un angles, avec mille et un mots, couleurs, mouvements, sons, images, accessoires, etc.

IMAGE FOURNIE PAR ENTRACT FILMS

Blood Quantum

Évidemment, comme devant toute œuvre d’art, on peut être d’accord ou pas. Personne n’a l’obligation de pousser des cris d’admiration devant un bain de sang. Une tête coupée à la tronçonneuse. Des kilomètres de tripes dévorées. Des lentilles de caméra éclaboussées d’hémoglobine. Comme ici. On est dans un film de zombies ou on ne l’est pas.

Cela dit, cette dystopie est drôlement bien faite. Les premières images sont magnifiques et annoncent un travail de pro. La direction artistique est à l’avenant.

L’interprétation n’est toutefois pas toujours convaincante. De plus, le scénario est troué de quelques temps morts et d’agaçantes chutes de tension. Heureusement, ça ne s’éternise pas.

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★★★

Blood Quantum. Film d’horreur de Jeff Barnaby. Avec Michael Greyeyes, Elle-Maija Tailfeathers et Forrest Goodluck. 1 h 38.