Dans la petite communauté de Sainte-Adeline, affligée par une tragédie ayant eu lieu il y a cinq ans, une toute jeune adolescente, âgée de 13 ans à peine, met sa famille et ses concitoyens à l’épreuve en refusant de révéler l’identité du père de l’enfant qu’elle porte.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Il est parfois de ces thèmes qui flottent dans l’air du temps. Le deuxième long métrage de Jeanne Leblanc (Isla Blanca) s’inscrit en effet dans la lignée de Never Rarely Sometimes Always, récent lauréat du Grand Prix du festival de Berlin (à l’affiche au Québec le 27 mars). Les deux récits sont en effet construits autour de la grossesse non désirée d’une adolescente. Qui doit faire un choix difficile, souvent dans une intime solitude.

L’approche qu’emprunte Jeanne Leblanc est toutefois différente de celle d’Eliza Hittman. Dans Les nôtres, l’enjeu découlant de la grossesse de Magalie (Émilie Bierre, stupéfiante d’intériorité), qui tombe enceinte alors qu’elle entame à peine son adolescence, tourne principalement autour de l’identité du géniteur. Le spectateur devine la vérité très vite (avant même qu’elle lui soit révélée), alors que l’entourage de la jeune fille presse cette dernière de dévoiler un secret qu’elle compte garder pour elle.

IMAGE FOURNIE PAR MAISON 4:3

Affiche de Les nôtres

Jeanne Leblanc traduit bien le désarroi intérieur d’une adolescente qui ne peut plus trouver de refuge émotif nulle part, même si sa mère (Marianne Farley) est très proche. En revanche, certains éléments du scénario sont moins bien développés. La tragédie dont la communauté a été victime dans le passé, évoquée au début, est complètement évacuée ensuite. Le petit racisme ordinaire auquel on fait écho est un peu appuyé, tout comme le sont les préjugés envers les mères adoptives. Et puis, le dénouement en forme de fin ouverte frustrera sans doute aussi les spectateurs préférant une résolution de l’histoire.

Cela dit, Les nôtres est parfois ponctué de scènes évocatrices (belle utilisation de la chanson Nous restons là, de Pierre Lapointe), soigneusement mises en scène, et confirme, comme si besoin était, le talent d’Émilie Bierre.

★★★

Les nôtres. Un drame de Jeanne Leblanc. Avec Émilie Bière, Marianne Farley, Paul Doucet. 1 h 42.

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